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« Vous êtes les saints de France… »

Chers amis, à l’approche de la Toussaint, alors que notre culture célèbre de plus en plus largement Halloween, nous voulons proposer une autre fête : une fête de lumière, de vie et d’espérance. Ce n’est pas une question de s’opposer pour s’opposer, ni de condamner les enfants qui aiment se déguiser et partager des bonbons. Il s’agit plutôt de leur offrir quelque chose de plus grand : une célébration qui parle de la victoire du Christ sur la mort, de la communion des saints et de la beauté de la vie donnée par Dieu.

Le pape Léon XIV, en rencontrant les jeunes réunis au Stade de France, leur a adressé une phrase qui a émerveillé et interpellé beaucoup de cœurs : « Merci pour votre courage, merci pour votre présence, merci pour votre foi. Vous êtes les saints de France ! » Ces mots ne sont pas une simple formule d’encouragement. Ils rappellent que la sainteté n’est pas réservée à quelques grandes figures du passé, aux statues de nos églises ou aux noms de nos rues. La sainteté est une vocation offerte à chacun, dès aujourd’hui, dans la vie ordinaire : à l’école, dans la famille, dans le quartier, dans nos paroisses.

Tu as changé mes habits funèbres en parure de joie (Ps29)

Même si la fête d’Halloween a pu trouver, au cours de l’histoire, des points de contact avec la veille de la Toussaint, la forme qu’elle prend aujourd’hui met souvent en avant la peur, les squelettes, les sorcières et une esthétique de la mort. Elle peut certes n’être qu’un jeu, sans grande conséquence. Pourtant, nous devons nous demander : quelle image de l’homme transmettons-nous à nos enfants ? Que leur disons-nous, implicitement, de la mort, du mal, de l’au-delà et de leur propre dignité ?

La fête chrétienne de la Toussaint répond à une tout autre question. Elle ne nie pas la réalité de la mort, mais elle proclame que la mort n’a pas le dernier mot. Elle ne cache pas les épreuves de la vie, mais elle affirme que le Christ est ressuscité. Elle ne transforme pas la peur en divertissement : elle la traverse avec l’espérance. La Toussaint nous invite à regarder vers celles et ceux qui ont laissé la lumière du Christ briller dans leur existence, parfois discrètement, parfois héroïquement, mais toujours au service de l’amour.

Revêtus du Christ par le baptême

Le fondement de cette fête se trouve dans notre baptême. Saint Paul écrit aux Galates: « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3, 27). Par le baptême, nous avons reçu une vie nouvelle. Nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Seigneur, lavés de nos péchés, adoptés comme enfants de Dieu et incorporés à son Église.

Cela signifie que, depuis notre baptême, chacun de nous porte un habit nouveau. Ce n’est pas un déguisement extérieur, une apparence que l’on enfile pour une soirée. C’est une identité profonde : nous sommes revêtus du Christ lui-même. Nous sommes habillés de sa lumière, de sa vie, de sa joie et de son amour. Cette robe blanche du baptême symbolise la dignité reçue de Dieu : nous ne sommes pas des êtres abandonnés au hasard, ni des créatures destinées à la peur, mais des enfants aimés, appelés à la sainteté.

Les saints ne sont pas des personnes différentes de nous. Ils sont des baptisés qui ont laissé le Christ vivre en eux. Ils ont accepté, jour après jour, de se laisser transformer par sa grâce. Certains ont été martyrs, d’autres missionnaires, d’autres parents, ouvriers, religieuses, enfants, malades ou simples fidèles de leur village. Ce qui les unit n’est pas la perfection humaine, mais la fidélité à l’amour de Dieu. Leur vie nous montre ce que devient un être humain lorsqu’il se laisse revêtir du Christ.

Une procession des saints d’aujourd’hui

C’est pourquoi, pour la messe de la Toussaint, nous souhaitons proposer aux parents d’emmener leurs enfants costumés de leur saint patron ou de leur saint préféré. Il peut s’agir de saint Martin et de son manteau partagé, de sainte Jeanne d’Arc et son étendard, de saint François d’Assise, de sainte Thérèse de Lisieux, de saint Joseph, de la Vierge Marie, de sainte Bernadette, de saint Michel, de saint Carlo Acutis ou de tout autre saint que l’enfant aime et connaît.

Cette idée n’est pas un simple jeu de déguisement. Elle est une catéchèse vivante. En se présentant sous les traits d’un saint, l’enfant découvre qu’il peut lui ressembler non pas par un costume, mais par sa vie. Il apprend que les saints ont été des enfants, des jeunes, des adultes comme lui, avec leurs qualités, leurs difficultés, leurs peurs et leurs joies. Il comprend que la sainteté est proche, accessible et belle.

La messe débutera par une grande procession d’entrée : tous les « saints d’aujourd’hui » entreront ensemble dans l’église. Enfants, jeunes, parents et fidèles marcheront comme une image de l’Église tout entière, cette immense foule de baptisés qui, à travers les siècles et les continents, avance vers le Royaume. Cette procession sera le signe visible de notre communion avec les saints du ciel. Nous ne marchons pas seuls : nous sommes accompagnés par ceux qui nous ont précédés dans la foi et qui, déjà, contemplent Dieu face à face.

Aux parents et aux familles

Nous invitons donc chaleureusement les parents à préparer cette fête avec leurs enfants. Prenez le temps de choisir ensemble un saint. Racontez son histoire à la maison. Expliquez pourquoi il ou elle est un modèle. Fabriquez ou choisissez un costume simple, avec ce que vous avez déjà. L’important n’est pas la perfection du déguisement, mais la joie de participer et le désir de ressembler au Christ.

Que cette Toussaint soit pour nos familles une vraie fête de la résurrection. Que nos enfants découvrent qu’ils sont aimés, appelés et revêtus du Christ. Que nos églises résonnent de la joie de ceux qui savent que la mort n’est pas la fin. Et que, par la grâce du baptême, chacun de nous puisse entendre, à son tour, la parole du pape Léon XIV comme une promesse et une mission : « Vous êtes les saints de France ».