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Le dernier conseil pastoral du 4 juin a été l’occasion d’un temps de réflexion riche et profond sur ce que signifie aujourd’hui appartenir à notre paroisse. Plus qu’une simple réunion d’organisation, il s’est agi d’un véritable moment d’écoute, de partage et de discernement sur notre manière de vivre la foi ensemble, dans la diversité de nos villages.

Mon village, mon clocher ou mon secteur ?

Dès le début des échanges, une question de vocabulaire a ouvert la réflexion : comment nommer notre réalité commune ? Le terme de « secteur » est apparu à plusieurs comme trop administratif, presque froid, ne rendant pas justice à la dimension fraternelle et spirituelle de ce que nous vivons. Faut-il parler de « communauté », d’« ensemble paroissial » ? La question reste ouverte, mais elle révèle un désir profond : celui de mieux exprimer ce qui nous unit.

Au cœur du dialogue s’est posée une question essentielle : où se situe notre sentiment d’appartenance ? Est-il d’abord lié à notre clocher, à notre village, à son histoire et à ses habitudes ? Ou bien se déploie-t-il à l’échelle plus large de la paroisse ?

Les réponses ont été variées, et c’est sans doute une richesse. Certains restent très attachés à leur village, à leur église, à ce qui a façonné leur vie de foi depuis toujours. D’autres, notamment dans les plus petites communes, vivent déjà très naturellement une appartenance plus large, car leur communauté locale est réduite. Beaucoup, enfin, se situent entre ces deux réalités : profondément enracinés dans leur clocher, mais de plus en plus ouverts à une vie paroissiale élargie.

Ce qui ressort avec force, c’est que l’unité ne se décrète pas : elle se construit peu à peu, à travers des expériences concrètes. Les célébrations communes, les cafés partagés après la messe, les repas fraternels sont autant d’occasions précieuses de tisser des liens. De même, la catéchèse et l’aumônerie, qui rassemblent des enfants de plusieurs villages, contribuent naturellement à cette dynamique. La présence des sœurs missionnaires, engagées dans plusieurs communautés, témoigne aussi de cette dimension missionnaire qui dépasse les frontières locales.

Eléments de tensions soulevées

Cependant, cette marche vers une plus grande communion n’est pas sans questions ni tensions. La question des messes a occupé une place importante dans les échanges. Comment maintenir une présence eucharistique dans chaque village tout en gardant une cohérence d’ensemble ? Comment faire face à la diminution du nombre de prêtres ? Aujourd’hui, avec deux prêtres pour l’ensemble de la paroisse, des choix sont nécessaires.

Certains expriment un sentiment d’inégalité, notamment sur la fréquence des célébrations. D’autres évoquent les conséquences durables de la période du COVID : des fidèles qui se sont éloignés et ne sont pas revenus. Le passage de certaines messes au samedi soir a également bousculé des habitudes, même si beaucoup reconnaissent aujourd’hui les aspects positifs de cette organisation.

Ces réalités, parfois sensibles, ont été abordées dans un climat de confiance, avec liberté de parole et même avec humour. Cela a permis de nommer les difficultés sans se crisper, dans un esprit de recherche du bien commun. Car c’est bien là l’enjeu : non pas défendre des habitudes locales, mais discerner ce qui permettra à notre paroisse de continuer à vivre et à annoncer l’Évangile.

La situation de Bédoin a particulièrement retenu l’attention. Plusieurs membres ont exprimé une inquiétude réelle : celle de voir une communauté fragile s’essouffler si les célébrations deviennent trop rares ou irrégulières. Le noyau de fidèles engagés y est restreint et porte déjà beaucoup. La question se pose alors avec réalisme : est-il toujours pertinent de multiplier les messes dans un périmètre très proche, au risque d’avoir des assemblées dispersées et peu nombreuses ? Ne vaudrait-il pas mieux, parfois, se rassembler davantage, quitte à se déplacer ?

Des pistes ont été évoquées : ne pas maintenir systématiquement la messe chaque samedi à Bédoin, proposer ponctuellement des rassemblements plus larges, ou encore valoriser les liturgies de la Parole lorsque l’Eucharistie ne peut être célébrée. Ces dernières ne doivent pas être perçues comme une solution de remplacement « au rabais », mais comme de véritables temps de prière et de communion.

Les prêtres ont également encouragé chacun à une certaine liberté intérieure : ne pas se sentir « obligé » de rester dans son clocher, mais oser aller prier ailleurs, découvrir d’autres assemblées, se nourrir de la diversité des communautés. Cette mobilité peut devenir une richesse, et non une contrainte.

Au fond, ce qui se dessine, c’est une pastorale à la fois lucide et audacieuse. Lucide, parce qu’elle prend acte de nos limites : moins de prêtres, des communautés inégales, des forces parfois fragiles. Audacieuse, parce qu’elle refuse de se replier sur le passé et cherche de nouvelles manières de vivre la communion et la mission.

Calendrier

Dans cette dynamique, des initiatives concrètes voient le jour. Ainsi, une messe de rentrée paroissiale a été décidée. Elle aura lieu le dimanche 13 septembre à 10h, à Bédoin, en plein air suivie d’un repas partagé. Ce sera un moment important pour rassembler largement les paroissiens de tous les villages, lancer l’année pastorale et manifester visiblement notre unité. La municipalité pourra mettre à disposition tables et chaises, signe aussi d’un lien précieux avec la vie locale.

À noter également que la messe de la Sainte-Croix au Ventoux, habituellement célébrée le 14 septembre, n’aura pas lieu cette année. Enfin, quelques points pratiques ont été évoqués concernant le calendrier liturgique : la fête de l’Assomption, célébrée le 15 août, tombera un samedi cette année, avec des messes le matin ; pas de messe à la chapelle du Moustier en raison de travaux ; une réflexion plus large sur l’organisation des messes pour l’année prochaine sera reprise lors d’un prochain conseil.

Pèlerinage diocésain à Lourdes à l’occasion de la venue du Pape

Autre sujet abordé : le pèlerinage diocésain à Lourdes, prévu le 25 septembre à l’occasion de la venue du pape Léon XIV. Après discussion, il a été décidé de ne pas organiser de départ paroissial spécifique, en raison du peu d’interet manifesté par les paroissiens (quel dommage). Ceux qui le souhaitent pourront rejoindre l’organisation diocésaine ou s’y rendre par leurs propres moyens. Là encore, le réalisme a guidé la décision.

Conclusion

Au terme de cette rencontre, une conviction demeure : notre paroisse est en chemin. Elle n’est pas figée, mais vivante, appelée à s’adapter, à grandir, à se renouveler. Ce chemin demande à chacun ouverture, patience et confiance.

Au-delà des organisations et des choix concrets, c’est bien une conversion du regard qui est en jeu : passer du « chez moi » au « chez nous », du clocher à la communion, de l’habitude à la mission. C’est là, sans doute, que le Seigneur nous attend.