Sainte Angèle de Mérici et les Ursulines
L’Eglise célèbre aujourd’hui la fête de Sainte Angèle Mérici. Née vers 1474 à Desenzano del Garda, elle a quitté ce monde le 27 janvier 1540 à Brescia en Italie. Béatifiée au milieu du XVIIIè siècle, elle a été canonisée en 1807 par le pape Pie VII.
C’est à son initiative que fut fondée la Compagnie des Filles de Sainte Ursule, dites Ursulines, à Brescia le 25 novembre 1535. Dans la pensée de sainte Angèle, il s’agissait d’une compagnie de jeunes filles et de femmes associées, sans habit religieux, sans vœu, consacrées par un ferme propos de virginité, dévouées à l’instruction gratuite des jeunes filles et la pratique d’exercices de piété. Ces femmes vivaient alors comme associées, continuant à demeurer dans leurs familles, et se retrouvant régulièrement pour les exercices spirituels et leurs œuvres propres.
Etablies d’abord à Avignon en 1594, sous forme associée, avec l’aide, l’encouragement et l’accompagnement de César de Bus et des Doctrinaires, elles s’établissent à L’Isle-sur-la-Sorgue en 1596 où elles adoptent d’abord une forme de vie congrégée (vie commune mais sans vœux religieux, ni habit, ni chapelle), puis, au cours du XVIIè siècle, comme la plus grande majorité des maisons ursulines, adoptant la règle de saint Augustin, et conservant les règles et traditions de sainte Angèle Mérici, elles prirent habit et clôture, un nom religieux, prononcèrent les vœux solennels des religieuses. Toutefois, le pape, en reconnaissant leurs nouvelles règles, insista pour que leur finalité d’éducation des jeunes filles demeurât. Elles étaient fidèles en cela aux indications de sainte Angèle qui leur recommandait de « s’adapter, même s’il fallait pour cela modifier la règle ».
De la fin du XVIè siècle au milieu du XVIIè, de nombreuses maisons furent fondée sur le territoire de ce qui est aujourd’hui le diocèse d’Avignon : Valréas, Bollène, Carpentras, Avignon (3 maisons), Apt, L’Isle, Caromb, Pertuis, Pernes.
Parmi ses recommandations, afin de préserver la grâce baptismale, source de tout bien, sainte Angèle de Mérici demande à ses filles de conduire leurs élèves « avec amour », c’est-à-dire « avec une main douce et suave, et non impérieusement et avec âpreté… c’est libérer les âmes que de relever le courage des faibles et des timides, de les corriger avec amour, de prêcher par l’exemple à toutes et de leur annoncer la grande joie qui leur est préparée là-haut ».
Parmi les 32 bienheureuses religieuses martyres d’Orange, 16 étaient ursulines : 9 de Bollène, 4 de Pont-Saint-Esprit, 1 de Carpentras, 1 de Pernes et 1 de Sisteron (originaire de Courthézon).
Du monastère de Bollène : les bienheureuses sœurs Sainte-Mélanie de Guilhermier, des Anges de Rocher, Sainte-Sophie de Ripert d’Alauzier, Agnès de Jésus de Romillon, Saint-François Lambert, Saint-Gervais de Roquard, Saint-Michel Doux, Saint-André Laye et Claire de Sainte-Rosalie Du Bac.
Du monastère de Pont-Saint-Esprit : les bienheureuses sœurs Sainte-Sophie de Berbegie d’Albarède, Saint-Bernard de Romillon, Catherine de Jésus de Justamond, Saint-Basile Cartier.
Du monastère de Carpentras, la bienheureuse sœur Sainte-Françoise Depeyre. Du monastère de Pernes la bienheureuse sœur du Cœur de Jésus de Justamond. Du monastère de Sisteron, la bienheureuse sœur du Cœur de Jésus Consolin, originaire de Courthézon, qui fut la première à être incarcérée et la dernière à être exécutée.
Chacune à sa manière, a su, selon les exhortations de sainte Angèle de Mérici, « prêcher par l’exemple à toutes et (…) annoncer la grande joie qui leur est préparée là-haut ».
Monsieur l’abbé Bruno GERTHOUX
Prêtre, Chancelier et archiviste