Guillaume de Grimoar d, né en 1310 au château de Grisac en Gévaudan, eut pour parrain de baptême Elzéar de Sabran, apparenté à la famille de sa mère, qu’il aura la joie de proclamer saint le 16 avril 1369 à Rome. Etudiant à Montpellier puis à Toulouse, il entra chez les bénédictins de Chirac près de Mende. Il fit sa profession monastique à l’Abbaye Saint-Victor de Marseille et fut ordonné prêtre en 1334. Il enseigna brillamment le droit canon à l’université de Montpellier, puis exerça la charge abbatiale à Saint-Germain, d’Auxerre en 1352et à Saint-Victor de Marseille en 1361. Il fut envoyé à plusieurs reprise en Italie comme légat par le pape Innocent VI et i se trouvait à Naples quand il apprit que les cardinaux l’avait élu pape le 28 septembre 13Dés son arrivé à Avignon, il fut intronisé le 31 octobre sous le nom d’Urbain V, puis consacré évêque et couronné le 6 novembre dans la chapelle du Palais Vieux, sans aucun faste extérieur.
Il assuma avec le plus grand sérieux ses responsabilités, tout en demeurant un moine fidèle à ses habits et aux moindres détails de la règle bénédictine. il partageait son temps entre la prière, l’étude, le courrier et les audiences, attentif aux affaires de l’Eglise et aux misères du monde, très généreux envers les pauvres et le malades, se contentant d’employer ceux qui le méritaient sans favoriser sa famille. Il protégea les lettres et les sciences, développantles universités et en fondant de nouvelles. Il restaura l’abbaye Saint-Victor et les églises romaines. Il s’attacha à l’expansion de la foi catholique avec les missions franciscaines, au rétablissement de l’unité de l’Eglise en orient, à la réforme ecclésiastique et au retour du siège apostolique à Rome.
Malgré les instances du roi de France et les récriminations des cardinaux, pressé aussi par les menaces des Grandes Compagnies, Urbain V quitta Avignon pour Rome le >30 avril 1367. Il y fit son entrée solennelle le 16 octobre, après un long voyage par mer et un jour mouvementé à Viterbe. Il fut accueilli avec une grande joie et y séjourna trois ans, y couronnant l’empereur d’Occident Charles IV et y recevant l’acte de réconciliation de l’empereur byzantin Jean V Paléologue. Mais la situation romaine était toujours aussi troublée par la faute des fractions rivales et faisaitcraindrepour la sécurité du Pape.Alors encouragé par la majorité des cardinaux, poussé de rétablir la paix entre la France et l’Angleterre, et malgré les supplications des fidèles, Urbain V s’embarqua de nouveaux pour aborder Marseille le 16 septembre 1370. Il fut reçu triomphalement à Avignon le 27 du même mois. Cependant profondément marqué par son échec et atteint par une cruelle maladie, il mourut 3 mois après, le 19 décembre 1370, dans la résidence de l’évêque d’Avignon, son frère Anglic. Il fut enterré à la cathédrale Notre Dame des Doms puis, selon son désir transféré en 13 72 à Saint-Victor de Marseille. A la faveur de nombreux miracles produits sur son tombeau, son procès de canonisation fut ouvert mais bientôt interrompu la crise du Grand Schisme. C’est seulement le 10 mars 1870 qu’il fut déclaré bienheureux par le pape Pie IX.
Le poète Pétrarque a écrit: «Oh grandhomme, sans pareil dans notre temps et dont les pareils en tous temps sont très rares».
Prière
Seigneur notre Dieu,
tu as donné au bienheureux Urbain V un courage inébranlable
pour fortifier et répondre la foi de ton Eglise;
Accord-nous, par son intercession,
de rester fidèle à ta parole
et d’y conformer toujours mieux notre vie.
Par Jésus Christ.