Retour en image des 800 ans de la fondation des pénitents gris et des 100 ans de la maintenance des confréries de pénitents de France et de Monaco
Dans le diocèse d’Avignon, en mai 2026 pour le 800ᵉ anniversaire de la fondation de La Dévote et Royale Compagnie des Pénitents Gris d’Avignon et le 100ᵉ anniversaire de la Maintenance des Confréries de Pénitents de France et de Monaco étaient présents avec les pénitents place du Palais des Papes, le cardinal Bustillo ; Mgr Fonlupt, archevêque d’Avignon ; Mgr Baumgarten, évêque du Puy-en-Velay et aumônier national des confréries et de Dom Louis-Marie de Geyer, père abbé de l’abbaye Sainte-Madeleine, le Barroux.
Le cardinal Bustillo y a évoqué le mouvement de la foi, les racines de la foi dans l’Histoire sainte des confréries et le sens de ces confréries.
Voici un compte rendu de son discours ce jour-là.
« Les processions, c’est le mouvement, le mouvement pacifique. Nous sommes partis du lycée St-Joseph, nous nous sommes mis en mouvement. Quand il y a du mouvement, il y a la vie. C’est le propre de la vie, le mouvement. Une Église en marche est une Église forte. Si l’Église se manifeste, ce n’est pas pour dominer ou pour manipuler, mais pour manifester la présence de Dieu. Oui, Dieu est vivant, Dieu agit encore aujourd’hui, Dieu est là, Dieu marche dans nos rues comme Jésus l’a fait il y a 2000 ans. Là où il est passé, il a fait du bien.
Le deuxième aspect, quand je vous vois, je vois les pénitents, huit siècles, les racines sont profondes. Il y a une histoire, un passé, des intuitions qui se sont perpétués, qui ont tenu dans l’Histoire. Votre démarche, ce n’est pas une démarche de nostalgie, – la nostalgie rouille l’intellect –, mais une démarche de mémoire, et la mémoire justement visite l’intellect. Nous vivons un moment de mémoire. Vos racines sont profondes et je dois accompagner ces pénitents gris et je vais les encourager à être fidèles et féconds. Quand il y a fidélité, il y a toujours fécondité.
Ce que je souligne, c’est l’importance du sens des confréries des pénitents. Quand on dit pénitence, on dit conversion, et la conversion pour nous, ce n’est pas les 40 jours du Carême, la conversion est permanente. La conversion n’est pas un moment triste et doloriste ou volontariste, c’est l’histoire de notre histoire, la conversion est une quête extérieure de cohérence entre ce que nous savons, ce que nous croyons, et ce que nous vivons. Les pénitents vivent d’abord une conversion intérieure. Ils travaillent une architecture intérieure pour être cohérents, pour que l’Évangile ne soit pas virtuel, mais vrai. Et la conséquence, cette dimension ad intra et ad extra, une fois qu’on a travaillé l’intériorité, une fois que l’Évangile nous a touchés et nous a convertis, nous avons le devoir de vivre la mission, et la mission, elle est ad extra évidemment Dans une société assoiffée, en quête de repères, nos traditions, notre Église doivent incarner l’Évangile.
Quand on reprend l’évangile de Saint Matthieu disant « j’avais faim, j’avais soif, j’étais malade, j’étais un étranger ». C’est une manière très concrète et c’est l’Évangile, nos traditions que les pénitents et les confréries ont fait fructifier tout au long de l’histoire. Dans la vie sociale : rappeler l’Évangile, incarner l’Évangile, aimer tout simplement. Les chrétiens qui n’aiment pas tombent très facilement dans l’idéologie, alors on fait partie de clubs, de groupes, mais on perd l’âme, alors que quand on aime, c’est le propre de l’Évangile, alors on garde l’âme, on sauve l’âme. Le moteur de la vie, c’est l’amour. Dans ce monde où on est tiraillé entre la mort et l’amour, c’est l’amour qui l’emporte. Vous êtes comme moi, nous entendons souvent beaucoup de personnes qui nous parlent de mort, on est dans une ambiance mortifère qui nous parle de la mort de la planète, du système politique, de la mort du système économique, de la mort de l’Église. Nous sommes là pour aimer et l’amour l’emporte sur tout. Alors pénitents, nous avons nos traditions différentes et nous avons un même but, une même mission, c’est d’être le signe de l’Évangile. Là où nous sommes, là où vous vivez, vivez cette mission avec passion dans le monde pour être des signes lumineux de la présence de Dieu ».