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Pour que le monde ait la vie – Édito du mois d’octobre

J'ébauche ces lignes au retour de ces trois jours intenses vécus avec de nombreux chrétiens à la rencontre du Pape Léon, que ce soit à Paris ou dans le sanctuaire marial de Lourdes, alors que le pape est encore à Metz, où il termine ce jour son pèlerinage apostolique dans notre pays.

Que relire, que retenir de ces journées précieuses qui nous ont permis de nous enraciner dans notre foi et de nous tenir avec fierté dans le don qui nous est fait ?

Il faudra un peu de temps pour que se décantent les lieux, les visages, les paroles, les signes posés, et que rejaillisse plus particulièrement pour chacun tel événement ou telle parole, telle lumière.

Ces jours, je les qualifierais de rencontre. Le pape Léon est venu en France, rencontrer les hommes et les femmes qui vivent sur cette terre ; rencontrer les Français, et parmi eux, les croyants, les chrétiens, ceux qui s'attachent à vivre du Christ, à se laisser éclairer par sa parole, nourrir de ses sacrements et à témoigner de Lui.

Un des premiers aspects qui m'a marqué était l'enthousiasme des foules rassemblées à Paris pour l'accueillir au moment de son arrivée, pour la célébration place de la Concorde, pour les différents déplacements et les lieux où il a été accueilli. Des hommes et des femmes, des croyants, qui venaient rencontrer cet homme, ce pasteur, pour ce qu'il représente, attendant très certainement de lui une attention, une présence, une parole qui vienne éclairer et conforter l'existence de chacun. 

Le pape a beaucoup donné lui-même pour rencontrer chacun, en écoutant, en étant attentif, en ayant, à partir de là, une parole qui ne surplombe pas, mais qui rejoint, éclaire et appelle. Cette parole était simple, compréhensible et accessible. Cette parole était profonde. Nous ancrant dans la relation avec le Christ. Nous invitant à vivre de lui dans la prière, la méditation, et à nous laisser entraîner avec lui dans le témoignage auprès de nos frères.

Nous gagnerons tous de ces jours, j'en suis certain, une plus grande confiance et un plus grand élan pour oser vivre et témoigner de notre foi, dans un contexte où celle-ci n’est pas toujours spontanément accueillie, et à oser la manifester de bien des manières.

Le pape Léon nous a invités à nous réenraciner dans toute la richesse de l'histoire croyante de notre pays. La veillée avec les jeunes le marquait particulièrement. Cette invitation n'était pas pour nous enfermer dans le passé, mais bien pour nous inviter à continuer aujourd'hui à écrire la beauté du témoignage des chrétiens au sein de la société dans laquelle ils vivent. Il a encouragé les jeunes. Et les paroles adressées au cours de la veillée sont des paroles puissantes qui seront à reprendre pour éclairer leur chemin au sein de nos communautés.

Ces paroles, il les a adressées aux catéchumènes, en les encourageant dans la rencontre avec le Christ et la suite dans laquelle elle les engage.

Ces paroles, il les a adressées aux prêtres, aux diacres, à leurs épouses, aux religieux et religieuses, aux consacrés, aux laïcs en mission, redisant à chacun leur place déterminante et leur responsabilité dans la ville de notre église.

Ces paroles, il nous les a adressées aussi à nous, évêques, tout particulièrement au moment de la rencontre vécue le dimanche matin à Lourdes, avant la célébration eucharistique. Parole de reconnaissance, d’encouragement, de soutien fraternel. Lui qui est l'évêque de Rome est venu rencontrer ses frères évêques des églises qui sont en France, et les encourager dans le témoignage et le service de la foi.

Ces paroles, il les a aussi adressées aux plus fragiles, aux malades et aussi aux blessés de la vie, aux personnes victimes d'abus avec qui, semble-t-il, la rencontre s'est vécue dans une grande profondeur.

Paroles qui exprimaient une présence, paroles qui nous redisaient la force du lien Christ qui nous unit et nous relie. Paroles qui nous invitent à ne pas garder cela pour nous mais à le laisser se déployer dans les temps qui sont les nôtres.

Nous sommes dans la période de la rentrée pastorale. Cette semaine, je rencontre les diacres et les prêtres pour une journée qui vient nous permettre de nous engager ensemble dans le service des communautés qui nous sont confiées.

Nous n'aurons pas beaucoup à chercher des éléments à nous partager. Nous pourrons surtout nous inviter à recevoir et à garder le précieux des mots que nous a laissés le pape Léon. Mais aussi, au-delà des mots, le précieux de sa présence et de sa proximité. Il nous a redit que notre Église est belle. Qu'elle est riche de toute son histoire, riche des visages des uns et des autres, riche de sa très grande diversité. Il nous a dit que cette diversité n'est pas un obstacle, mais au contraire une chance pour témoigner de l'unité qui nous est donnée dans le Christ et que nous avons à manifester en nous accueillant les uns les autres.

Merci au pape Léon pour sa venue parmi nous, sa présence et son partage avec nous. Merci pour ce qu’il nous a donné, sa douce proximité et son sourire. Puissions-nous maintenant continuer le chemin, confortés par ces moments qui font de nous des disciples comblés de la joie et envoyés à en témoigner pour que le monde ait la vie.

Monseigneur François FONLUPT

Monseigneur François FONLUPT

évêque d'Avignon