MOT DU CURÉ
« Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)
La porte, le pasteur, l’enclos, les brebis… : belles images.
Dans cet évangile que nous lisons de Saint Jean, Jésus lui-même se présente comme un berger, un bon pasteur qui « appelle chacune de ses brebis par son nom ».
Ce que fait Jésus, le vrai berger, tout cela est positif : Il entre clairement, par la porte. Il «appelle» chacun par son nom. Il marche à la tête de ceux qu’il a appelés. Il est venu pour donner la vie en abondance. La réponse des appelés : ils « écoutent » sa voix. Ils « connaissent » sa voix. Il le « suivent ». Ils sont « sauvés ».
Les réalités négatives, ici, c’est ce que font les faux bergers : ils n’entrent pas par la porte. Ils sont des voleurs et des bandits. Ils sont venus pour tuer et pour détruire.
Mais quand nous lisons ces textes bibliques, nous devons veiller à ne pas nous tromper
sur le sens du mot troupeau. Aux yeux du Seigneur, nous ne sommes pas un groupe ou collectif anonyme. Nous sommes SON peuple, et Il nous connaît tous par notre nom, Il dit à chacun et chacune d’entre nous : « tu es mon fils, tu es ma fille ».
Vocation : Jésus appelle… Quelle réponse donnons-nous ? La vocation est une réponse :
le mot vient du latin vocare, qui signifie appeler. La vocation n’est donc pas je ne sais
quel désir subjectif, une espèce de goût particulier qui arriverait comme ça, à certains…
C’est une réponse à quelqu’un qui nous invite : Ses brebis, le berger les appelle chacune par
son nom et elles écoutent sa voix et elles le suivent. Le verbe écouter est un des mots-clés
de l’évangile (58 fois dans l’évangile de saint Jean). Et encore il s’agit toujours du sens fort de ce verbe : car écouter, quand ce n’est pas un faux-semblant, c’est obéir, c’est suivre. Écouter est, en effet, le mot-clé de l’amour. « Je suis la porte des brebis ».
Dans les campagnes de l’Israël, les bergers font partie du paysage quotidien. Le soir venu, ils
rassemblent leur troupeau pour le mettre à l’abri des dangers de la nuit. Puis le matin, ils
viennent le récupérer pour le conduire vers le pâturage.
Que les uns et les autres, là où nous sommes, nous soyons la voix du Christ bon Pasteur.
Aujourd’hui, cette exigence évangélique est toujours autant d’actualité. Aujourd’hui, le
même danger existe qu’au temps de Jésus.
Nous vivons en effet dans un monde de conflits où, entre autres choses, la revendication d’autonomie est exacerbée. Pourquoi ? Parce que l’être humain est un être de conflits, depuis la nuit des temps. Et plus encore… Il nous est bon de recevoir en plein visage cette vigueur solide de Jésus qui tranche avec force entre ce qui donne la vie et ce qui donne la mort.
Pourtant l’expérience la plus profonde, celle de l’amour précédent, devrait nous faire comprendre que celui qui aime le plus est aussi le plus dépendant. Qu’elle serait triste la vie d’un homme ou d’une femme qui ne répondrait à aucun appel. L’appel vrai n’est pas en
dégustation, c’est une réponse. Et n’est-ce pas merveilleux, de répondre à quelqu’un qui vous
appelle ?!
Bonne semaine à tous,
Père William