MOT DU CURÉ
Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. Ps 102
C'est la rentrée, c'est la rentrée ! Ce sont des jours d’activités, de travail, de soucis et d’espoir. Pendant 2026-2027 donc : Courage, Persévérance, Force et FOI.
L’évangile d’aujourd’hui, nous dit que le pardon est une des caractéristiques originales de la morale chrétienne.
La parabole du débiteur sans pitié met en lumière le sérieux de la formule du Notre Père où nous demandons à Dieu de nous « remettre nos dettes comme nous les remettons à ceux qui nous doivent » Toutes les religions et presque tous les mouvements politiques luttent contre le mal et prennent la défense de ceux qui souffrent ou subissent une injustice. Mais c’est toujours en condamnant durement celui qui a fait du mal. Violence pour violence. La seule force capable de nous aider à pardonner, c’est la grâce de Dieu, c’est à dire la vie même de Dieu en nous. « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ». C’est pourquoi la page de l’évangile de ce jour nous met devant les yeux un roi qui remet à l’un de ses débiteurs la dette fabuleuse de soixante millions de pièces d’argent.
C'est une somme énorme, absolument impossible à rembourser. En nous racontant cette parabole, Jésus veut nous faire comprendre où nous en sommes avec Dieu.
Cette démesure de la dette n'est qu'une image de ce qui se passe entre Dieu et nous. Devant lui, nous sommes tous des débiteurs incapables de rembourser.
Et pour nous faire comprendre le motif de ce cadeau incroyable, Jésus emploie un mot que l’on a traduit par saisi de pitié. C’est le mot grec « splanchnisteis » qui veut dire ému jusqu’ aux entrailles et qui recouvre le mot hébreu « rahamin » qui signifie littéralement « la matrice maternelle ». Ce mot est toujours réservé à Dieu ou à Jésus. C’est donc bien le comportement de Dieu qui est offert à notre contemplation.
La somme du mal additionnée dans l’humanité est immense, incalculable : Dieu, saisi de pitié aux entrailles, remet toute la dette. Et saint Jean Chrysostome, (La Bouche d'Or) un grand Père de l'Eglise (344-349) commente : "Mauvais serviteur !" Vous qui n’avez pas de coeur et êtes cruels, ce n’est pas envers les autres que vous êtes cruels mais envers vous-mêmes."
Cette parabole est donc un avertissement extrêmement sérieux adressé à chacun de nous.
C’est cet amour-là, divin, infini, riche en miséricorde, qui seul peut nous entraîner à pardonner à nos propres débiteurs, même quand cela parait impossible.
Bonne rentrée à toutes et tous ; petits et grands !
Père William, curé