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MOT DU CURÉ

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau…

C’est le Salut qui est annoncé aux petits, aux pauvres et aux exclus. Nous y découvrons la puissance de la Parole de Dieu. Cette bonne nouvelle rejoint tous ceux et celles dont la vie est un fardeau très lourd à porter. Et plus particulièrement pendant cette période de canicule que nous sommes en train de vivre ici en France.

Dans l’Évangile, le Seigneur fait suite aux reproches très durs que Jésus avait adressés aux villes du bord du lac de Tibériade. Ces dernières avaient eu le grand privilège de ses miracles et de sa présence physique (historique) mais elles ne s’étaient pas converties. Les Pharisiens n’ont jamais cessé de le critiquer, quoi qu'Il fasse. De la part de Jésus, on aurait pu s’attendre à des plaintes... En fait, c’est tout le contraire qui se passe. Sa prière est une prière de louange, inspiré par ce qu’il vit en vérité.

"Tu as caché ces choses aux sages et aux savants…" nous dit l’évangile. Tu les as cachées aux Pharisiens d’hier et à ceux d’aujourd’hui. Aujourd’hui aussi, nous pouvons trouver partout dans le monde de "nouveaux Pharisiens", eh oui.

Ne nous trompons pas. Dieu n’a rien caché à personne. Jésus s’adresse à ceux qui se rengorgent de leur savoir et de leur pouvoir. Ces derniers traitent les petits avec mépris. Eux, ils savent. Ils ricanent quand ils entendent ce prophète parler de l’amour sans condition qui prétend les libérer et les faire renaître. C’est comme dit saint Jean au début de son Évangile : "il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu." Face à ces gens conscients de leur supériorité, nous avons les petits : eux n’ont rien à perdre. Ils sont loin du savoir et du pouvoir. Leur disponibilité leur permet d’accueillir la bonne nouvelle que Jésus est venu apporter au monde.

Ces gens considérés comme des bons à rien sont prêts à jouer leur vie sans calcul. C’est pour cela que Jésus rend grâce : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Dieu ne cache rien à personne. C’est l’orgueil humain qui empêche l’homme d’accueillir la bonne nouvelle de l’Évangile. Le "tout-petit" chez saint Matthieu, c’est celui qui accueille le "tout-grand" c’est-à-dire Dieu, le Dieu Vivant, Le Dieu d’Israël. Ce n’est pas pour rien que Jésus a dit : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume de Dieu est à eux ».

Ces "tout-petits" dont il est question, ce ne sont pas des "enfants de chœur", ni Sophie, la plus jeune paroissienne, âgée de quelques mois et qui vit avec sa maman parmi nous. C’est une autre réalité biblique. Ces "tout-petits", ce sont les Anawin (les pauvres de Yahveh).

Comme ces paroles de Jésus sont réconfortantes! "Venez à moi vous qui peinez sous le poids du fardeau…" Quand nous perdons un être cher, on se sent si petit, si démuni devant la souffrance, si impuissant, si malheureux ; ou devant d’autres situations difficiles de la vie... Heureusement que le Seigneur est là pour nous soutenir, nous aider à nous relever.

C’est à nous aujourd’hui que le Seigneur adresse son appel, pendant cet période de vacances d'été : "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau". En nous rassemblant à la paroisse Saint Paul, nous avons répondu à cet appel. Le Seigneur est toujours là pour nous accueillir. Le Seigneur ne nous demande qu'un peu de foi, comme un grain de moutarde.

Bonnes vacances à tous.

Père William, curé