MOT DU CURÉ
Heureux les invités au repas du Seigneur
Qui d'entre nous ne se plaint, au moins de temps en temps, d'être débordé de travail et accablé de soucis ?
Lorsque Jésus raconte la parabole des invités qui ne veulent pas aller à la noce, on est heureux de voir se remplir la salle du banquet avec tous ceux mauvais ou bons qui déambulaient dans les rues. « Les mauvais aussi ? » je me demande. Oui, les mauvais aussi mais... convertis. Voilà!
Dans la tradition de la Bible, les noces figurent l’alliance conclue entre Dieu et son peuple. Jésus vient sceller cette alliance. Pourtant les invités restent indifférents à l’invitation. Ainsi en est-il pour l’homme qui, trop préoccupé par les affaires de ce monde, ne sait pas reconnaître le moment décisif ou Dieu vient le visiter. Mais Dieu reste fidèle à son alliance.
Heureux les invités au repas du Seigneur. Dieu rêve d’une fête universelle pour l’humanité. Dieu invite, Dieu appelle : l’homme est libre de répondre ou non ; mais l'homme, par sa réponse libre doit coopérer de façon responsable au don de Dieu. Devant le désistement des premiers invités le roi, loin de renoncer à sa fête, l'élargit pour que la salle de noces soit remplie : l'entrée dans le Royaume de Dieu est gratuite, les mauvais et les bons peuvent y participer.
La parabole de cet évangile pourrait s’intituler : « Les débordés ne vont pas à la noce ! » Une invitation à un repas de noces, cela ne se refuse pas. Décliner l’invitation sans raison proportionnée est blessant.
On est surpris, presque incrédule, devant l’attitude désinvolte des invités qui se défilent pour vaquer à
leurs occupations quotidiennes. Pire encore, ils se re-
tournent contre les messagers de cette « bonne nouvelle » qui insistent, ils les maltraitent sauvagement.
Le but de cette histoire est de mettre en scène l’Alliance entre Dieu et l’humanité. Toute la tradition biblique décrit les liens de Dieu avec les hommes comme des relations d’amour nuptial.
En Jésus, la porte du Royaume est ouverte à tous. Et l’évangile nous livre une certitude : la salle de noces sera comble. Le dessein de Dieu se réalisera, même avec des invités imprévus. Encore faut-il s'y engager positivement.
Le salut n’est pas automatique : il faut correspondre librement et dans la dignité au don de Dieu. Dieu nous invite tous : mais nous avons tous à changer de vie.
Le grand message de cet Évangile, c'est la bonté de Dieu envers nous. Il nous offre gratuitement son amitié et sa joie. Mais trop souvent, nous n'accueillons pas ses dons. Nous n'avons pas le temps, plaçant au premier plan nos préoccupations matérielles et nos intérêts personnels.
Quand Dieu appelle, nous nous sentons souvent dérangés. Nous vivons dans une société qui cherche à Le mettre en dehors de sa vie.
Le vêtement de noces est le symbole de la foi et de la joie qui animent celles et ceux qui rencontrent ce Dieu qui les aime. Il s’agit de se laisser habiller le cœur.
Bonne semaine à tous,
Père William