MOT DU CURÉ
Dimanche de la Pentecôte : un souffle venu d'en haut,
un souffle qui ouvre les portes, les cœurs et les yeux.
« La paix soit avec vous ! » : le mot « paix » tombe bien en ces temps difficiles que nous traversons en tant qu'humanité.
« Recevez l'Esprit Saint » : cette courte phrase tirée de l'Évangile selon saint Jean 20,19-23, apporte un peu d'espoir.
Lisez la première lecture (Actes des Apôtres 2, 1-11) et l'Évangile d'aujourd'hui ; ainsi, vous, paroissiens de Saint-Paul, ainsi que les autres fidèles lecteurs du FIP, vous aurez une vision plus large et plus complète du récit de la Pentecôte.
La Fête de Pentecôte trouve son origine dans l’Ancien Testament, bien avant Jésus Christ. Cette appellation vient d’un mot grec qui signifie « cinquantaine ». Au départ, on célébrait la première moisson des blés. C’était une fête joyeuse où l’on remerciait Dieu pour les dons de la nature. Plus tard, cette fête prendra une signification nouvelle. Sous la direction de Moïse, le peuple d’Israël avait été libéré de l’esclavage. Il a traversé la Mer Rouge pour aller vers la Terre promise. Chaque année, on célébrait la Pâque pour commémorer cet événement.
Et cinquante jours plus tard, on a fêté la Pentecôte, c’est-à-dire le don de la Loi à Moïse sur le
Mont Sinaï, en Israël.
Nous, chrétiens d’aujourd’hui, et l'Église, nous sommes les bénéficiaires d’un nouveau Sinaï.
Dieu donne son souffle saint aux disciples. Désormais, la loi de Dieu n’est plus inscrite sur la pierre mais dans les cœurs. L’alliance entre Dieu et les hommes ne se limite plus au seul peuple d’Israël. Elle est offerte à tous les hommes du monde entier. Quand j'utilise le mot « homme », je fais bien sûr référence à l'être humain, hommes et femmes.
Le livre des Actes des Apôtres nous dit que les disciples étaient enfermés en un même lieu. Ils n’étaient qu’entre eux. Or, voilà que le jour de la Pentecôte, ils sont remplis de l’Esprit Saint. Ils sont poussés dehors pour proclamer les merveilles de Dieu. Comme un vent violent, l’Esprit Saint emporte la peur des apôtres.
Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres ; il illumine leur nuit. Devant la foule, les apôtres se mettent à proclamer les merveilles de Dieu. La première de ces merveilles, c’est l’annonce de Jésus Christ mort et ressuscité (kérygme *). Ils n’ont plus peur de témoigner, même devant ceux qui l’ont fait mourir sur une croix.
L’Esprit Saint que les apôtres ont reçu est appelé l’Esprit de Vérité. Le contraire de la vérité, c'est le mensonge. Regardez le numéro précédent du FIP, où j'explique un seul exemple de cette réalité humaine que l'on retrouve dans le Décalogue et qui dit : « Tu ne mentiras point ». Nous nous rappelons qu’un jour, Jésus a dit : « Je suis le chemin, la Vérité et la vie; personne ne va au Père sans passer par moi. » Aller vers Jésus, c’est aller vers la vérité ; écouter Jésus, c’est accueillir la vérité; c’est se laisser imprégner de l’amour qui est en Dieu.
Cet événement de la Pentecôte est aussi une bonne nouvelle pour nous. Comme les apôtres au soir de Pâques, nous vivons parfois avec la peur au ventre. Nous verrouillons les portes; nous nous replions sur nous-mêmes. Comme au soir de Pâques, Jésus nous rejoint. Sa première parole est un souhait de paix. Cette salutation répétée vient renforcer la joie des apôtres et la nôtre. Le Christ compte sur nous pour être les messagers de l’Évangile
et pour cela, il nous donne l’Esprit Saint. Ainsi, comme Jésus, et avec lui, nous pourrons vivre dans l’amour du Père.
À la suite des apôtres, l’Eglise d’aujourd’hui est appelée à communiquer la paix et à manifester le pardon. Cette œuvre peut paraître impossible face aux défis du monde moderne. Mais au souffle de l’Esprit, le rêve de communion fraternelle peut devenir réalité.
Le lundi 25 est un jour férié en France ; si vous voulez, essayez de faire quelque chose de différent ce jour-là. Par exemple, consacrez le à rendre service aux autres, etc.
Bonne Semaine à tous
Père William
- NDLR : le terme « kérygme » a été utilisé pour désigner le contenu essentiel de la foi en Jésus-Christ annoncée et transmise aux non-croyants par les premiers chrétiens. Ce mot continue à être employé aujourd'hui pour évoquer la proclamation missionnaire de l'essentiel de la foi chrétienne.