Les amis de Saint Siffrein – lettres d’informations n° 1 & 2
Le Calice signé Armand Caillat qui a fait l’objet de réparation grâce à l’association

Celui-ci date de 1880. Il est en vermeil avec, ce qui est remarquable, des émaux cloisonnés. C’est un petit calice puisqu’il ne mesure que 21 centimètres de haut.
Fait notable, il a été commandé à Armand Caillat, grand orfèvre de Lyon, par l’archiprêtre De Terris en même temps que le reliquaire du Saint Mors.
Autour de la coupe est écrit sur une frise rayée « MEMORIAM FECIT MIRABILIUM SUORUM MISERICORS EU MISERATOR DOMINUS »(le Seigneur miséricordieux et compatissant a fait mémorial pour les siens).
Sur les émaux du pied, trois phylactères surmontent chacun un écusson. Sur chaque phylactère est écrit en lettres dorées sur fond rouge : au-dessus de l’écusson représentant la Vierge « NOTRE DAME DE SANTE », de l’écusson représentant la Croix « SPES UNICA » (unique Espérance), de celui représentant le Saint Mors/Clou « CHRISTI CLAVI SUB TUTELLA » (sous la protection du Clou du Christ).
Ce calice est désormais visible dans une vitrine du trésor de la Cathédrale où il est conservé et parfois encore utilisé pour la Sainte messe.
Connaître sa Cathédrale
La cathédrale Saint Siffrein serait la 5ème église construite sur le site[1]. L’évêque Roger y avait pensé dès 1363 face à la dégradation de l’église romane d’alors consacrée à Notre Dame, Saint Pierre et Saint Siffrein [2], et sans doute aussi pour y mieux abriter la sainte relique que constituait le Saint Mors. Mais c’est Benoît XIII (Pedro de Luna)qui en décida la construction après un voyage à Carpentras…depuis Avignon en 1404. Ce dernier était considéré comme illégitime (« anti-pape »)par l’Eglise catholique dont le trône pontifical était en effet revenu à Rome depuis 1378 dans des circonstances troublées (grand schisme d’occident de 1378 à 1417), ce que Pedro de Luna a toujours refusé, « régnant » ainsi depuis Avignon[3]. Première pierre posée donc en 1404 et consécration en …1519 bien avant que l’Evêque Sadolet(de 1517 à 1547) ne puisse enfin rejoindre le lieu de sa charge en 1527. La cathédrale est encore loin d’être terminée. Ces délais importants liés aux changements de prélats et d’architectes expliquent son manque d’homogénéité en matière de style. Une partie est financée par le recours aux indulgences, aux legs, aux aumônes et à la participation de la commune…
[1]La première consacrée à Saint Antoine est construite sous Saint Siffrein.
[2]« Recueil de divers titres… » par Ch.Cottier 1782 et repris par Andréoli et Lambert dans leur «monographie de l’église cathédrale Saint Siffrein »1862.
[3] Le nom de Benoît XIII sera d’ailleurs repris par Monseigneur Orsini élu pape au XVIIIème siècle.
Les santons en cire de la crèche objet d’un stockage particulier par l’association

Chaque année la crèche de la cathédrale attire des centaines de visiteurs à l’occasion de la période de Noël jusqu’à la chandeleur. A Saint Siffrein, cette crèche est constituée de santons anciens en cire. 43 personnages sont ainsi représentés entourant le Christ et la Sainte Famille, habillés pour la plupart de coiffes, chapeaux et costumes de tradition. Fragiles, abimés parfois, ils doivent faire l’objet de toute l’attention requise. Ainsi, l’association est intervenue ces derniers jours dans leur mise à l’abri et leur bon stockage dans une réserve de la cathédrale. Elle envisage la réparation progressivedes mains, doigts et pieds arrachés par le temps et les manipulations. Cette réparation nécessite une expertise fine de type professionnel.
Connaître sa Cathédrale : L’épiscopat du Cardinal Jacques SADOLET (1517-1547)

Jacques Sadolet fut donc le premier évêque de notre cathédrale. Mais ses qualités étaient telles que ce dernier a largement partagé sa charge Carpentrassienne avec un service régulier des Papes (secrétaire de Léon X qui retarda sa mise en place en 1527 (donc absent lors de la consécration), puisauprès de Clément VIIqui le rappelle auprès de lui, et enfin Paul III dont il fut le légat en France pour porter le Roi François 1er, qui le connaissait, à conclure la paix avec Charles Quint. Ces hauts services lui valurent une élévation à la dignité de Cardinal le 22 décembre 1535.Retiré à Rome, il y est enterré dans la chapelle de Saint Pierre aux liens. Jacques Sadolet possédait une rare érudition, un goût exquis et l’amour du beau et des arts.Il était considéré comme un grand esprit.Son œuvre littéraire est importante (traités, poèmes, oraisons…).Il participa activement à terminer la partie absidale de la cathédrale avec l’installation du maître autel (désormais à l’Inguimbertine). Il existe dans l’oratoire du Saint Mors une reproduction ancienne d’une indulgence datant de 1531 et signée Sadoletintitulée « le grand pardon général »bénéficiant aux paroissienset liée aux grâces émanant du Saint Mors.C’est son neveu Paul Sadolet qui lui succède (1547-1572) dont le tombeau est à droite dans la chapelle de la Croix.
Rendez-vous à noter : Samedi 9 mai 2026 « nuit des cathédrales » de 20H00 à minuit
Organisé par l’association en lien avec le curé de la Paroisse : Présentation de la Cathédrale, du Saint Clou, visite guidée du trésor avec exposition exceptionnelle de vêtements sacerdotaux, et à partir de 22H45 temps de louange, prières et adoration du Saint Sacrement.