Le Carême : vers une Communauté toujours plus eucharistique
Plus que quelques jours et nous serons entrés dans le temps précieux du Carême.
Le 18 février prochain en effet, nous célébrerons le mercredi des cendres qui marque le début d’un itinéraire de 40 jours durant lesquels nous sommes invités à retrouver ou à progresser dans notre souplesse intérieure, pour être toujours plus disponibles à l’inattendu de Dieu.
Au fond la conversion c’est cela. Dieu refuse d’être enfermé, il refuse que nous enfermions les autres et que nous nous enfermions nous même dans les cadres étroits de nos vues trop personnelles, de nos opinons finalement très partielles, de nos tendances mauvaises et même de certaines de nos habitudes issues de processus de renouvellement spirituel, mais qui, avec le temps, se sont enkystés pour n’être plus que des routines desséchées.
Dans le texte biblique, Dieu invite à effectuer un mouvement vers Lui. Et la conversion consiste à répondre positivement à cet appel.
La démarche de Carême n’est pas d’abord une série de préceptes à observer ou d’interdits à respecter. Elle n’est pas non plus de l’ordre d’une injonction autoritaire assortie de menaces.
Elle est plutôt le cri d’amour du Dieu qui ne se résout jamais à nous voir gigoter désespérément entre les griffes du mal qui nous réduit en esclavage, ou de la mort qui nous anéantit. « C’est pourquoi, dit-il, mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur. » (Os 2,16)
A cet appel, les réponses dans la Bible sont nombreuses et prennent différentes formes : Pour le peuple de Dieu, c’est un exode qui durera 40 ans (Livre de l’Exode). S’agissant d’Élie le prophète, c’est une fuite éperdue pour échapper à la soldatesque de la reine Jézabel qui lui en veut à mort (1Roi, 19). Quant à Moïse, c’est un face à face contemplatif qui dure lui aussi 40 jours dans le mont Sinaï (Ex 34, 28). Le Christ n’avait pas besoin de se convertir, mais il dû, dans sa solidarité avec nous, engager le combat spirituel et là aussi, durant 40 jours il résista à l’épreuve de la tentation (Lc 4, 1-2).
A chaque fois Dieu propose un parcours qui débouche sur une communion, une intimité plus grande avec Lui.
Tel est le fruit de la conversion, devenir toujours plus intime de Dieu.
Avec La lettre pastorale de Monseigneur François Fonlupt sous-titrée, « pour une vie toute entière eucharistique », nous avons un itinéraire qui nous permettra de cheminer individuellement et tous ensemble vers cet objectif de communion.
La communion de chacun avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint fera de notre Secteur Pastoral une communauté eucharistique qui accueille la foi, la vit, et l’annonce par la Parole de l’Évangile explicitement proclamée et à travers des actes de charité envers les plus pauvres et les plus faibles.
En effet, rappelle notre archevêque, « chaque fois que nous célébrons la liturgie de l’Église, et tout particulièrement l’Eucharistie, (…) nous vivons le chemin de notre conversion. Nous retraversons et approfondissons ce que le Seigneur nous donne et nous demande de vivre en pratique et en actes pour annoncer le salut du monde. »
Ce défi repose sur la conversion de chacun, avec force de l’Esprit. C’est chaque cœur que le Seigneur veut renouveler, pour former un peuple nouveau qui illumine le monde et participe de manière décisive à sa transformation.
Préparons-nous d’ores et déjà à nous saisir des propositions faites dans le Secteur Pastoral pour retrouver la souplesse intérieure qui fait de nous d’authentiques disciples missionnaires, dépositaire et gardiens de la joie de l’Évangile.
