Laissons-nous rassembler par la lumière du Christ – Édito de novembre
Le désir de notre Dieu est de rassembler l’humanité en son amour. Le Seigneur de l'univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux.
Is 25,6.
Nous avons pu goûter autour du pape Léon XIV, non seulement que cela était possible, mais combien cela pouvait être ressourçant et stimulant.
Le Saint-Père est venu au milieu de nous en pèlerin de la paix, nous a rencontrés, a échangé avec nous des paroles précieuses, a célébré la présence du Christ et nous a soutenus de manière confiante dans l’accueil de la Parole et de la mission. N’en perdons pas toute la richesse. Aidons-nous à recevoir et à vivre les paroles qu’il nous a adressées.
Ce rassemblement des hommes et des femmes, des jeunes, semble plus difficile dans le contexte social qui est le nôtre. Nous vivons des jours difficiles entre attentes fortes, angoisses face à un avenir incertain, attentes d’un horizon qui offre du sens.
Ce rassemblement reste compromis en bien des lieux de notre planète, particulièrement ceux où les peuples sont sollicités pour décider de leur avenir et de ceux qui vont le conduire, et en tant de lieux où la violence semble prendre le dessus.
Et pourtant, il y a en chacun de nous et en toute personne une attente profonde de sens, de vie qui trouve sa dimension, qui soit comblée.
Face aux questions vives qui habitent la vie et le cœur des personnes et des peuples, qu’avons-nous à dire et à vivre pour témoigner de celui qui nous ouvre un horizon ?
L’Église, par ses membres, baptisés dans le Christ, est comme le sacrement, le signe et le moyen de ce rassemblement, le signe de l’union avec Dieu et de l’unité du genre humain, nous dit le concile Vatican II
(Constitution LG § 1).
Nous sommes l’Église et nous lui donnons visage dans les lieux où nous vivons, au milieu de ceux et de celles avec qui nous partageons le quotidien et qui ne connaissent pas ou qui connaissent mal le Christ. Notre vie et notre témoignage s’inscrivent dans une manière d’être Église, de nous laisser rassembler, nourrir de la parole et des sacrements, vivre de la fraternité, et témoigner de celui qui nous invite à nous approcher de chacun. J’ai développé tout cela dans la lettre pastorale proposée aux communautés le 30 novembre 2025 « Pour que vous alliez et que vous portiez du fruit ». Cela, en un temps où nous cherchons à renouveler notre manière d’être communauté, sur des secteurs pastoraux redéfinis et pour certains élargis.
Le 14 novembre nous vivrons la rencontre habituelle des conseils pastoraux paroissiaux. Depuis une année, nous sommes engagés dans une mise en œuvre renouvelée de la vie de nos communautés pour nous rassembler autour du Christ qui nous adresse la parole, sollicite notre réponse de foi, nous rencontre dans la célébration des sacrements et tout particulièrement de l’Eucharistie, nous offre une vie fraternelle, nous invite au témoignage et à la solidarité avec les plus pauvres. Nous ferons ensemble le point sur le chemin que nous sommes en train de parcourir.
La fête de la Toussaint, qui ouvre ce mois de novembre, vient nous dévoiler quelque peu l’horizon. C’est une des grandes fêtes de notre année liturgique, un jour de révélation, de contemplation, d’Espérance. Un jour où l’Écriture et la Parole du Christ nous ouvrent un horizon nouveau qui enfin se dévoile.
Au cœur de notre humanité souffrante, blessée, malmenée, voici qu’il nous est donné d’entrevoir la contemplation de ce qui se déploie dans l’amour de notre Dieu.
Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense que nul ne pouvait dénombrer,
Ap 7,9
une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.
Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau,
vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
Ceux qui sont rassemblés ne sont pas quelques-uns, triés sur le volet, mais une multitude où la diversité l’emporte sur l’uniformité.
Et voilà que cette multitude d’hommes et de femmes, plongés dans le mystère pascal, chante la Gloire de notre Dieu. « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau ». Ap 7,14
Cette fête de la Toussaint nous relie ainsi à une foule innombrable de personnes connues et inconnues qui, mystérieusement mais réellement, ont laissé leur vie être éclairée par l’amour manifesté en Jésus mort et ressuscité. Tous ces « saints de la porte d’à côté ».
En ce même jour, nous accueillons la révélation d’un bonheur qui rejoint celles et ceux qui pour tant de raisons pourraient sembler exclus d’un bonheur proposé au quotidien…
Là encore, Jésus contemple les foules et les enseigne.
Heureux les pauvres de cœur,
Heureux ceux qui pleurent,
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
Célébrer la Toussaint nous ouvre à un horizon de lumière, de paix et de bonheur, offert à toute personne et dont, déjà, nous sommes comblés.
Que ce lien avec tous les saints éclaire pour nous le quotidien de ces jours.
Monseigneur François FONLUPT
évêque d'Avignon