La joie de demander, de recevoir… et de servir!
Chers amis, dans le rythme de l’année liturgique, il existe des temps forts bien identifiés : Noël, Pâques, la Pentecôte… Mais il est aussi des moments plus discrets, presque silencieux, et pourtant profondément riches. Le temps qui s’étend entre l’Ascension et la Pentecôte en fait partie. Un temps intermédiaire, qui n’est pas une simple attente passive de l’Esprit Saint, mais un temps où grandit en nous le désir de demander, de recevoir… et de servir.
Nous venons de célébrer l’Ascension du Seigneur. Jésus est monté vers le Père. Il ne nous abandonne pas, mais il nous ouvre un chemin : celui du Ciel. « Recherchez les réalités d’en haut », nous dit saint Paul. L’Ascension nous rappelle que notre vie ne se limite pas à ce que nous voyons ni à ce que nous vivons au quotidien. Nous sommes appelés à vivre sous le regard de Dieu, déjà tournés vers le Ciel.
Et pourtant, soyons honnêtes : dans notre vie concrète, il nous arrive souvent de nous sentir désenchantés. Rien ne change vraiment. Les habitudes s’installent. La foi peut devenir routinière. Une certaine résignation peut même s’infiltrer dans notre cœur : « À quoi bon ? » Notre marche spirituelle semble parfois stagner.
C’est précisément dans ce contexte que ce temps entre l’Ascension et la Pentecôte prend tout son sens. Il est là pour réveiller en nous le désir : désir de Dieu, désir de vivre dans le Christ, désir d’une vie transformée.
Car Jésus ne nous laisse pas seuls. Dans l’Évangile, il fait cette promesse: le Père donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. Voilà une parole à prendre au sérieux. Dieu ne refuse pas son Esprit ; il attend que nous le demandions.
Alors une question s’impose à chacun de nous : quel don demandons-nous au Seigneur ? Quel don pour ma vie personnelle ? Peut-être une lumière pour discerner une décision, une paix intérieure face à une épreuve, une force pour persévérer.
Quel don pour ma famille ? Peut-être davantage d’unité, de patience, de pardon.
Quel don pour notre communauté paroissiale ? Peut-être un nouvel élan, des vocations, un esprit de service renouvelé, une joie plus visible.
L’Esprit Saint n’est pas une idée abstraite. Il est Celui qui console, qui éclaire, qui fortifie. Il est Celui qui met en mouvement. Il est Celui qui transforme une communauté fatiguée en une communauté vivante. Mais pour cela, encore faut-il désirer, désirer vraiment, demander avec foi… et accepter que l’Esprit nous conduise là où nous n’aurions pas pensé aller.
Recevoir l’Esprit Saint, ce n’est jamais pour soi seul : c’est toujours pour donner. Il n’y a pas d’un côté ceux qui reçoivent, et de l’autre ceux qui servent. Dans la vie chrétienne, les deux vont ensemble. Plus nous recevons, plus nous sommes appelés à servir. Et plus nous servons, plus nous découvrons la joie de recevoir, et dans notre paroisse, les occasions ne manquent pas. Et pourtant, nous pouvons parfois être tentés de vivre notre foi de manière minimale : participer à la messe dominicale, puis attendre passivement le dimanche suivant, comme si la vie chrétienne se résumait à un simple rendez-vous hebdomadaire.
Mais ce rendez-vous, pourquoi ne pas le préparer ? Pourquoi ne pas le désirer ? Pourquoi ne pas le vivre autrement ?
Nous pouvons, par exemple, lire à l’avance les lectures du dimanche, participer à un partage d’Évangile, venir à un temps de prière ou d’adoration, ou simplement faire une halte à l’église en semaine. Ces petits pas changent notre manière de vivre la messe : elle devient un sommet préparé, attendu, habité. Participer à la retraite spirituelle du mois de juillet est aussi un geste concret pour mettre Dieu au cœur de nos vacances. Prendre quelques jours pour se mettre à l’écart, prier et écouter, est une chance que nous ne mesurons pas toujours.
Et puis, il y a le service. Là aussi, les possibilités sont nombreuses et accessibles à tous.
Servir dans la liturgie : intégrer une équipe déjà en place, préparer les prières universelles, se proposer pour lire la Parole de Dieu au cours de la messe, participer au chant, fleurir l’église, passer l’aspirateur, assurer de petits services matériels.
Servir dans l’accueil : ouvrir et fermer l’église, être présent pour ceux qui entrent. Ce service discret est pourtant essentiel : il permet à chacun de venir prier et se recueillir.
Servir dans la formation : se rendre disponible pour la catéchèse des enfants, l’accompagnement des jeunes de l’aumônerie ou des adultes, témoigner auprès des familles lors d’une préparation au baptême, mariage, ou encore accompagner une famille en deuil.
Servir dans la vie fraternelle : aider à organiser des temps conviviaux (café ou apéritif après les messes dominicales), proposer des sorties, participer activement aux temps de secteur, aller à la rencontre des autres.
Où encore, pourquoi ne pas découvrir aussi un appel nouveau ? Apprendre à jouer d’un instrument, s’engager plus régulièrement, proposer une initiative… Il ne s’agit pas de faire plus pour faire plus, mais de laisser l’Esprit Saint nous mettre en mouvement. Car un petit service, offert avec amour, peut changer beaucoup : pour celui qui le reçoit, mais aussi pour celui qui le donne. Il nous fait sortir de nous-mêmes. Il nous tourne vers le Ciel, parce qu’il nous apprend à aimer concrètement.
Chers amis, ce temps entre l’Ascension et la Pentecôte est donc une invitation : ne pas rester passifs, mais demander largement au Seigneur, « penser en grand », « aller au large » , non pas selon nos seules forces, mais en nous appuyant sur la puissance de l’Esprit. Demandons une force qui vient d’en haut : pour discerner, pour être consolés dans nos fragilités, pour être fortifiés dans notre engagement. Demandons un cœur disponible, capable de recevoir… et de servir.