Homélie de la messe d’action de grâce pour la visite en France du Pape Léon
Homélie prononcée le dimanche 20 septembre 2026 à la cathédrale Notre-Dame-des-Doms, à Avignon.
Au soir de ce dimanche, nous nous rassemblons pour célébrer le Christ, et entrer dans l’offrande qu’il fait de lui-même à son Père.
Nous le faisons à quelques jours de l’accueil en France du Pape Léon XIV, qui vient à notre rencontre, qui vient nous visiter, et que nous allons accueillir, tout particulièrement à Paris, à Saint-Denis, à Lourdes et à Metz, mais que nombre d’entre nous retrouveront également par les moyens de communication dont nous disposons.
- C’est une grande joie de l’accueillir.
- C’est une grande grâce.
- C’est une responsabilité et une mission.
C’est une grande joie de l’accueillir.
Depuis l’annonce de la venue du Pape en France, de sa visite à Paris, à l’UNESCO, à Lourdes et à Metz, la joie est grande au cœur de notre Eglise et de nos communautés.
Celui qui est l’évêque de Rome et le serviteur de la communion entre nos Eglises vient nous visiter. Il vient nous rencontrer, nous adresser une parole, nous conforter dans notre foi, éclairer nos chemins, prier et partager avec nous.
Au tout début de son pontificat, il a adressé une lettre aux catholiques français, leur confiant de prier pour la France et pour le peuple de Dieu qui y pérégrine courageusement, sous les vents contraires et parfois hostiles de l’indifférentisme, du matérialisme et de l’individualisme.
Soyons certains qu’il ne vient pas à sens unique nous parler, il vient aussi percevoir le chemin que fait notre Église.
Il vient recevoir ce que nous sommes, ce que nous vivons dans notre pays, au cœur des attentes, des espérances qui le traversent, des blessures et des souffrances qui l’atteignent.
Nous le savons attentif à ce renouveau qui se manifeste dans nos communautés avec la présence des catéchumènes et des recommençants adultes, et des nombreux adolescents qui y demandent le baptême.
« L’Église a besoin de votre beau témoignage de foi pour grandir davantage », disait-il aux jeunes rencontrés à Rome.
Comme dans toute rencontre, il y a à recevoir et à donner de la part de chacun, il y a à accueillir de manière réciproque.
Auprès de lui nous venons vivre des moments précieux, d’accueil d’une parole, de prière, de joie partagée.
Cette joie, nous la sentons monter de jour en jour au cœur même des préparations et de la lourde charge de mettre en place ce qui permettra à cet accueil de se vive au mieux.
Préparons notre cœur à cette joie qui jaillit de la rencontre en profondeur.
C’est une grande grâce de l’accueillir,
Nous ne savons pas ce que le Pape Léon va nous dire, mais nous pressentons que cette parole sera précieuse à accueillir, à méditer, à conserver, à relayer.
« Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
POUR QUE LE MONDE AIT LA VIE. (Jn 6,51)
Voilà l’horizon proposé. Cette citation d’une parole de Jésus dans l’Évangile selon saint Jean est le thème proposé pour ce voyage apostolique. Une parole que Jésus exprime alors qu’il vient de partager le pain à une foule nombreuse. Il est venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance.
C’est ce don que nous sommes invités à recevoir de manière renouvelée, pour nous réjouir de la vie qui est en nous et qui nous est donnée en abondance, cette vie offerte à tous et que nous avons à servir et à partager.
Il est ce fils du Maître de la vigne qui sort à toute heure du jour pour nous appeler à travailler à la vigne.
Cela nous amène à comprendre que la rencontre vécue et la parole accueillie ne nous sont pas réservées mais sont bien au service de l’accueil de la vie et de son déploiement pour tous ceux et celles qui habitent notre pays.
C’est une grande joie. Quand on se prépare à accueillir quelqu’un d’attendu, on prépare les lieux, la maison, on se dispose à être disponible, on ouvre son cœur…
C’est une grande grâce. Le lieu d’un renouvellement et d’une mission…
C’est une responsabilité et une mission.
Qu’aurons-nous à accueillir de la nouveauté de cette parole pour nous aujourd’hui ?
Qu’est-ce que l’Esprit nous invite à recevoir ?
Soyons disponibles à la présence, à la parole, aux rencontres, aux échanges.
Le Pape Léon vient nous signifier que notre Eglise est plus grande que notre paroisse, notre secteur, notre diocèse, notre pays. Elle se déploie à la dimension du monde entier. Elle est catholique, universelle. Puissent ces jours conforter l’unité de notre Eglise dans ses diversités d’âge de sensibilité, d’expression, nous enraciner dans la joie de la foi, nous appeler à le partager et en vivre avec beaucoup.
Merci au Pape Léon de venir nous visiter. Rendons grâce au Seigneur pour le don qu’il nous fait à travers sa personne.
Il vient nous saluer de la part du Seigneur.
Il vient nous apporter ce salut de paix pour qu’il entre dans nos cœurs, atteigne nos familles, toutes les personnes où qu’elles se trouvent.
Il vient nous offrir cette paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et désarmante, humble et persévérante. Cette paix qui vient de Dieu qui nous aime inconditionnellement.
Comme évêque de Rome il vient nous confirmer dans la foi et nous encourager à témoigner de l’Evangile, à rester vigilants dans la prière, et à être des artisans d’unité et de dialogue, de justice et de paix, « pour que le monde ait la vie. »
Qu’il nous soit donné d’accueillir le don que le Seigneur nous fait par sa présence au milieu de nous.
Monseigneur François FONLUPT
évêque d'Avignon