Dimanche de Laetare et le mystère de la joie chrétienne
Au cœur du Carême, l’Église nous surprend. Alors que le chemin vers Pâques se poursuit dans la sobriété et la conversion, une invitation inattendue résonne : réjouis-toi !
C’est le dimanche de Laetare.
Souvent, la racine des mots nous parle avec profondeur. Laetare vient du latin : « réjouis-toi », de laetari, « se réjouir », et de laetus, « joyeux ».
Certaines de nos églises se parent encore de ce beau rose pâle qui accompagne la liturgie du quatrième dimanche de Carême. Comme un phare lumineux au milieu du chemin, ce dimanche marque une pause spirituelle, à l’image du dimanche de Gaudete au cœur de l’Avent. Son nom vient de l’incipit de l’introït : Laetare Jerusalem : « Réjouis-toi, Jérusalem ».
Mais de quelle joie parlons-nous ?
La joie chrétienne n’est ni l’excitation, ni l’exaltation, ni même une simple manifestation extérieure. Elle ne dépend pas seulement des circonstances heureuses de l’existence.
Elle peut habiter les jours lumineux comme les heures ordinaires, mais aussi les moments les plus éprouvants de la vie. La joie véritable est plus profonde que les émotions passagères.
Elle naît lorsque notre vie, nos paroles et nos actes s’accordent au chemin de vérité que nous avons emprunté : la vérité sur nous-mêmes d’abord, puis cette vérité plus grande que nous, celle de Dieu qui vient combler notre cœur d’amour.
Cette joie est souvent discrète. Invisible parfois. Et pourtant invincible lorsque la prière et la relation à Dieu en sont la source.
Le pape Léon XIV évoquait le 28 février dernier, dans un discours adressé aux séminaristes, ces paroles qui nous concernent tous :
La vie spirituelle ne porte pas de fruit par ce qui est visible, mais par ce qui est profondément enraciné en Dieu.
Et c’est précisément là que naît la joie chrétienne : dans une vie enracinée en Dieu.
Lorsque les mots nous manquent pour dire cette joie, les psaumes viennent prêter leur voix à notre cœur. En ce dimanche de la joie, à plus de la mi-chemin vers Pâques, le psaume 62 (4,8) vient faire vibrer , comme l’archer fait vibrer la corde d’un violon, la fine pointe de notre âme :
Ton amour vaut mieux que la vie : tu seras la louange de mes lèvres ! Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. Comme par un festin je serai rassasié ; la joie sur les lèvres, je dirai ta louange. Dans la nuit, je me souviens de toi et je reste des heures à te parler. Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes.
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