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Aidez-nous à restaurer le coffre reliquaire de Melchior Fallot, cheminez du pèlerinage à l’oratoire.

Le pèlerinage ou peregrinatio est le fait d’aller au loin, de parcourir un chemin, pour se rendre dans un sanctuaire où repose un saint personnage, ou encore les lieux où il a vécu. En premier lieu, la Terre Sainte. C’est un gros effort qui suppose un renoncement et dépouillement dans le confort habituel de celui qui l’entreprend.  

Dès le IVe siècle, malgré les vicissitudes politiques ou économiques, les lieux bibliques eurent une attraction considérable. Il y a les incertitudes et les dangers de la navigation, principal moyen de s’y rendre.

L’aspect financier est lourd, dans le coût du voyage, les frais d’hébergement et de nourriture, les taxes ou les refus d’approche de la part des différents califes.  Jérusalem étant le point central avec les sanctuaires constantiniens de l’Anastasis, de l’Eleona[1] ou Bethléem. 

Peu à peu, se mettra en place un itinerarium, avec lectures bibliques et liturgies adaptées aux lieux, plus particulièrement liés au mystère célébré. En 1337, l’installation des frères Mineurs en Custodie de Terre sainte, améliorera la situation et stabilisera davantage l’organisation de pèlerinages collectifs.

Les motivations à ces voyages pleins d’imprévus, sinon de dangers, expriment le désir de contempler le Christ en esprit, à partir des lieux réputés connus de lui. Prier et adorer dans des endroits qui sont évocateurs de sa présence ou de son action ; déposer une offrande; accomplir un vœu en action de grâces ou en esprit pénitentiel, avec pratiques ascétiques ; la demande de grâces diverses, en particulier une guérison ; très présent aussi la volonté d’obtenir des reliques.

Dans l’acte de foi qui unit Voir et Prier, le pèlerin veut emporter quelque chose du lieu saint qu’il est venu visiter : médailles (ou insignes), ampoule, chapelets, plus souvent de la terre ou des pierres ramassées en tel ou tel lieu.

À la fin du XVIe s. Melchior Fallot a respecté tous ces critères bien repérés par ailleurs dans les études du phénomène des pèlerinages. S’y ajoute pour lui, un certain courage d’entreprendre, lui l’avignonnais, un tel pèlerinage dans un contexte où le protestantisme se objecteur de ce type de démarche. 

Outre son importance formelle, ce coffre reliquaire est typique. Son agencement en révèle l’esprit et permet de continuer la Peregrinatio, de faire un pèlerinage intérieur en continuité avec le pèlerinage réel. Cela rentre dans le cadre des “marches” et “Stations” qui annoncent les chemins de croix qui apparaissent au XVe s. Cela nous permet de nous rappeler que Notre-Dame des Doms était une étape de pèlerinage au Moyen-Age ainsi que l’attestent la fondation d’un petit hôpital et la découverte d’enseigne en plomb, du XIIIe s. représentant la Vierge des Doms, sous le porche de l’église.

Chanoine Daniel Bréhier – Blandine Silvestre, 2023

Votez Melchior au concours national « Le Plus Grand Musée de France »

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/sondages/allianz-plus-grand-musee-de-france-vote-2026


[1] Située au sommet du mont des Oliviers, le site de l’Eléona comprend en sous-sol la grotte dite du Pater, refuge du Christ à Jérusalem et lieu d’enseignement du Pater aux disciples, et au dessus un cloître inachevé datant du XIXe siècle.