Chrétiens de Vaucluse : combien de divisions ?

31 janvier 2017

Rien à voir avec la dérision de Staline devant la nudité militaire du Vatican. Il ne sera question que de divisions constatées entre chrétiens et devant notre porte. Gardez en arrière-plan la question bien usée de l’Unité des Chrétiens.
Si vous avez, cependant, un quelconque intérêt pour les désaccords entre catholiques, ça pourrait faire un bon sujet, contribuez, écrivez-nous !

Extrait du Bloc-Notes, février 2017.

Le sujet proposé aujourd’hui est de faire un inventaire pour nous mettre les yeux en face des trous sur notre proximité. Quel est l’état de l’offre chrétienne dans sa diversité en Vaucluse, vue depuis l’existence des lieux de culte proposés sur internet ?


Temple de Valréas

Présence orthodoxe

Le seul lieu de culte proposé est celui d’Avignon. Il se présente comme émanant du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Une association de l’église orthodoxe roumaine apparaît sur internet sans lien évident avec un lieu de culte.


Présence des églises protestantes unies de France (EPUDF)

8 lieux de cultes à Orange, Carpentras, Avignon, Gordes, Apt, Cavaillon, Mérindol et Pujet.
L’EPUDF travaille encore à l’écriture concertée de sa profession de foi commune. Le Luberon compte toujours un nombre important de temples, témoins d’une implantation importante, en recul comme celle des églises catholiques.


Eglise Evangélique de Carpentras

Présence des églises évangéliques

28 lieux de culte sont proposés émanant de 11 organisations distinctes. Pour chacune vous trouverez entre parenthèses le nombre de lieux de culte en France :
3 (287) pour l’Eglise Indépendante à Apt (2) et Cavaillon
1 (19) pour l’Eglise de Pentecôte France à Avignon
3 (40) pour la Communion des Eglises de l’Espace Francophone à Avignon, Lapalud et Pernes les Fontaines.
8 (425) pour la Fédération Nationale des Eglises et Œuvres des Assemblées de Dieu à Apt, Avignon, Bollène, Carpentras, Cavaillon, Orange, Pertuis, Valréas
6 (222) pour la Mission Evangélique des Tziganes de France à Avignon, Cavailllon, l’Isle-sur-la-Sorgue, Pertuis, Sorgues, Le Thor
2 (56) pour l’Association Evangélique d’Eglises Baptistes de Langue Française à Carpentras et l’Isle-sur-la Sorgue
1 (150) pour les Communautés et Assemblées Evangéliques de France à Orange
2 (64) pour l’Assemblée des Frères à Orange et Avignon
1 (55) pour l’Union des Eglises Evangéliques libres à Avignon
1 (25) pour l’Eglise Protestante Apostolique à Orange

La ville d’Avignon compte six lieux de culte différents, et deux organisations cumulent ensemble exactement la moitié des lieux de culte du département : la Mission des Tziganes (le quart) et la Fédération des Assemblées (le tiers).

Présence de l’Eglise catholique romaine

(Pour rappel) : une grosse centaine de lieux de culte hebdomadaire, organisés depuis une cinquantaine de paroisses, auxquelles s’ajoutent l’attractivité des Communautés religieuses.


Ils se réclament du christianisme : Les Témoins de Jéhovah

L’offre semble organisée depuis 3 villes : Bédarrides, Cavaillon et Apt. Les membres, vous le savez, se montrent particulièrement missionnaires dans le porte-à-port.e

Et demain ?

Que peut dire cette variété pour un non-croyant ? Est-ce un contexte de concurrence ou seulement la richesse d’une offre large ? Ce qu’une recherche sur internet ne dit pas, c’est la singularité des charismes et des personnes qui attirent à elles. Nous connaissons les flux de fréquentation de telle ou telle de nos paroisses au gré du rayonnement des prêtres et des communautés.

L’implantation récente des églises évangéliques pose son offre dans un terreau de tradition catholique ; il y a manifestement des messages qui n’étaient plus audibles, venant de nous.

L’histoire du christianisme illustre le fait permanent que les institutions petites ou grandes, naissent dans la différence, et parfois même dans une protestation qui a souvent été la même : l’exaspération devant l’assoupissement des clercs et de leurs ouailles et devant leurs angles morts : ce qu’ils ne voyaient plus.
Les communautés nouvelles se fondent sur des innovations ou des manques, par exemple dans l’ordre contemplatif (comment être carme sans se retirer de la vie commune), comment aller radicalement vers les pauvres (Le chemin néo-catéchuménal), vers les mourants (Mère Theresa), vers les plus précaires (Emmaüs, Mas de Carles, l’Arche ...), vers les enfants perdus (Don Bosco)…
Ces exemples n’ont créé ni dissidence, ni schisme. Ceux qui ne sont plus dans la modernité du temps ferment leurs maisons, se regroupent, s’unissent y compris et d’abord pour des raisons économiques ; l’EPUDF en est une illustration. Les innovations et les dissidences sont presque toujours un signe de vitalité et c’est flagrant dans le cas des églises évangéliques qui peuvent se construire ex nihilo.

Notre christianisme divisé est encore gras et riche de ses singularités. Ceux qui ont l’intuition d’appartenir au passé peuvent souffrir. Nombre d’innovations pourront demain augmenter encore ce qui est lu à tort peut-être comme une division. Le bon sens voudrait que toutes les initiatives de croissance du christianisme soient encouragées, à commencer par celles qui nous semblent concurrentes, parce qu’elles trouvent ceux que notre parole n’a pas touchés.

Gilles Gueniot