Retour sur la journée diocésaine du Secours Catholique

13 juin 2017

Le 10 juin 2017, les équipes du Secours Catholique du diocèse se sont retrouvées au Sanctuaire de Saint-Gens pour une journée de réflexion et de partage.

Le Secours Catholique n’est pas un Mouvement d’action catholique, mais un Service qui a des compétences que l’Eglise ne peut pas avoir dans le champ social. Ce n’est pas une ONG (organisation non gouvernementale) autonome, mais une application du service dû « au frère ». L’homélie du Père Pascal Molemb Emock, remplaçant pour la circonstance de notre évêque, a cadré le champ d’intervention de ce Service d’Eglise dans la vision chrétienne de la fraternité, dont le premier argument est celui de partager le même Père.

Ainsi les équipes ont des animatrices, un directeur et un aumônier. Ce fut l’occasion de voir réunis les deux aumôniers : le partant, le père Jean Nkaham, et l’arrivant, le père Marcel Bieffo. L’aumônier participe aux réunions de Bureau deux fois par mois et rencontre les équipes locales avec leurs animatrices ; il partage aussi tous les temps forts, comme les pèlerinages.

Le responsable de la délégation, Olivier Fontane, ne cache pas tout le chemin qui reste à faire pour construire l’ardente obligation pour les conseils paroissiaux de lever des chrétiens, comme on lève des troupes, au-devant de la précarité, et pas uniquement celle qui est repérée au sein-même des communautés. La démarche décrite dans la phase « Diaconia », inégalement digérée dans les diocèses est une « patate chaude » pour les paroissiens habitués à sous-traiter l’indigence, au mieux dans une petite pièce de leur maison paroissiale. C’est un chantier énorme devant lequel, çà et là, des prêtres se sont déjà retroussé les manches, ce qui a été remarqué.

Un temps s’achève, comme se termine ce qui était compris comme une nécessité, celle d’avoir une épicerie avec des tonnes de subsides. Le Secours Catholique ne nourrira pas, mais accompagnera au seuil des Restos du Cœur par exemple. La démarche d’assistance (au sens qu’elle peut produire des assistés) est évitée pour déployer des accompagnements. C’est un changement de « logiciel » qui bouscule les équipes qui doivent fermer boutique et apprendre à travailler autrement. Les commissions des aides se réunissent toujours et dépannent pour d’autres besoins nécessaires, par exemple pour payer des déplacements en bus vers des entretiens d’embauche, pour recharger avec une carte un essentiel téléphone mobile. Dans certaines situations, des efforts de plusieurs mois sont nécessaires pour assembler tous les moyens qui permettront de trouver une place en institution de soins, même si ces attributions sont dévolues aux CLIC (Centres Locaux d’Information et de Coordination).

La délégation et les équipes sont inventives, par exemple avec le trajet de l’escargot, dont le propos est de stimuler à dire avec des mots, s’agissant des « accueillis », ce qui est leur rêve et la perception des obstacles qui, à tort ou à raison, ne permettent pas de les atteindre. Le récit que chacun fait de son existence et de sa souffrance a besoin de jeu social moins inhibant qu’un face-à-face frontal entre un aidant et un aidé. L’animateur accompagne dans le trajet des cases, comme dans le jeu de l’Oie. Il en sort des merveilles enfouies et souvent une grande connivence. Il n’y a pas que des précarités matérielles à observer !

A l’heure du goûter, tous regardaient les comédiens affairés autour d’un tréteau de plantes médicinales et jouissaient des artifices qui en assureraient la vente ; passé la comédie, la dernière heure est donnée à la pétanque, alors que la chaleur est encore vive sur l’espace qui entoure le sanctuaire.

Le soir tombera vite parce la colline cachera le soleil baissant du soir. Dans la combe il n’y a ni lever, ni coucher de soleil ! La grande maison des sept Brésiliens qui donnent vie au sanctuaire le sait bien.

Gilles Gueniot