Recevoir le sacrement de confirmation pour un adulte : quel intérêt ?

11 septembre 2017

Claude Debattista, a reçu, avec d’autres adultes, le sacrement de Confirmation lors de la Vigile de Pentecôte 2017 à Avignon.
Entretien avec Martine Racine pour l’émission « Pourquoi le taire », sur RCF Vaucluse

Claude Debattista, vous habitez Avignon, vous êtes célibataire, vous avez une quarantaine d’années et vous avez donc été confirmé le 4 juin 2017. Est-ce vous qui en avez fait la demande ?

Oui, je l’ai demandé tout d’abord intérieurement. Je l’ai demandé à partir du moment où je me suis rendu compte que dans mon parcours de foi, il manquait un passage fondamental lié au baptême.
J’ai été baptisé à 3 mois et dans ce parcours de sacrements, il me manquait quelque chose. Après la première communion et la profession de foi-qu’on appelait communion solennelle-, il me manquait la Confirmation. J’avais le sentiment de quelque chose d’inachevé et qu’il me fallait faire un pas. Ce n’est pas facile ; mais après avoir réfléchi, je suis allé dans ma paroisse dans le but d’intégrer une formation pour recevoir la Confirmation.

Avez-vous reçu un appel ?

Oui, absolument. J’ai senti l’appel quand je me suis rendu compte d’une véritable boulimie de spiritualité. J’allais dans les églises, à l’Adoration eucharistique ; j’ai fait des pèlerinages en Terre Sainte, à Rome, Chateauneuf-de-Galaure et partout où j’ai pu aller. Mon propre comportement m’a interrogé : pourquoi tant d’agitation ? Qu’est-ce que je cherchais ? Pourquoi n’avais-je pas plus de sérénité dans ma spiritualité ?

Etiez-vous un peu inquiet ?

Tout à fait. J’étais anxieux professionnellement, personnellement sur de nombreux sujets mais c’était sans doute lié à ce manque d’accomplissement spirituel. Cette agitation ne pouvait pas continuer : il me fallait parvenir à une certaine complétude de mon état spirituel.

Donc, vous avez pensé à la Confirmation ?

J’y ai pensé car c’était le prolongement naturel de mon baptême, de mes communions, de l’Eucharistie que je recevais le dimanche et même en semaine. La Confirmation comme tous les sacrements sont des cadeaux, et quand on vous propose un cadeau, un trésor, vous tendez les bras et vous prenez...en toute humilité.

Vouliez-vous, dans cette Confirmation, confirmer votre foi ?

Tout à fait. On confirme son baptême, le fait de recevoir le Corps du Christ. Le Baptême, l’Eucharistie et la Confirmation sont les trois sacrements de l’initiation chrétienne pour être un chrétien équilibré.

Comment s’est passée la préparation ?

Dans un premier temps, je me suis rapproché de la paroisse dont je dépends, c’est-à-dire de la paroisse Saint Jean avec Notre-Dame de Lourdes et la chapelle Notre-Dame de la Paix. J’y ai trouvé une paroisse accueillante, ouverte, des prêtres merveilleux- les Pères Paul et Marcel-, Jean Gabriel un diacre permanent exceptionnel ! Dans cette paroisse, il y a aussi des chrétiens qui vous font sentir chez vous. Je me suis dit alors : je suis là, je ne suis plus un chrétien qui s’éparpille ; je suis un chrétien implanté dans une paroisse et c’est dans cette paroisse que je vais pouvoir être fécond spirituellement.

Et c’est ainsi que vous vous êtes retrouvé avec des enfants ?

Oui ; dans cette paroisse, il y a une singularité : les adultes confirmands se préparent avec les enfants. Au début, ce n’était pas facile et je me posais, à tort, trop de questions comme : Comment cela pouvait-il coller, puisque la préparation à la Confirmation ne se faisait pas ainsi ailleurs ? Et cela s’est merveilleusement bien passé, dans une ambiance fantastique. Personnellement, j’ai beaucoup appris dans l’attitude des enfants, dans leur façon d’apprendre et d’être en phase avec la spiritualité. Ils m’ont beaucoup apporté et j’espère, par ma présence, leur avoir aussi apporté un petit peu. On était un groupe, on a cheminé très humblement ensemble toute l’année et j’en suis vraiment ravi !

Racontez-nous comment s’est passé le grand jour ?

Tout d’abord, une semaine avant le grand jour, les adultes confirmands étaient attendus à la Maison diocésaine pour une rencontre avec Monseigneur Cattenoz. Ce fut un moment merveilleux durant lequel chacun a témoigné de son parcours. Cela a été une première confirmation : la confirmation qu’on n’était pas là par hasard, qu’on était là pour vivre des choses fortes qui allaient déterminer notre vie et notre avenir.
Ainsi, dès le matin du samedi de Pentecôte, je me suis préparé, notamment en me confessant. Le soir, nous sommes entrés dans la Métropole Notre-Dame des Doms, et on a tout de suite compris la solennité, la gravité du moment ; on était 46 confirmands, se connaissant un petit peu mais tous aussi un peu anxieux. Nous avons pris place et attendu, comme les enfants attendent autour du sapin de Noël le cadeau ; en tous les cas pour nous, nous attendions le cadeau promis pour lequel nous étions venus. Nous étions un peu sur un nuage, dans le vide, à demander à l’Esprit Saint de venir, à demander au Seigneur de nous aider à être ouverts et prêts pour ce moment, à demander au Seigneur de nous aider à accueillir la plénitude du sacrement. Et ce fut le cas : il y a eu une émotion incroyable liée notamment à tous ces adultes humbles et vulnérables réunis ainsi dans la métropole, autour des prêtres nombreux qui étaient venus, autour de Monseigneur Cattenoz qui nous a accueillis comme un père. Cela a été un moment très très fort !

Monseigneur Cattenoz vous a ébloui ?

Oui, complètement. Ils nous a marqués car il a posé des gestes, des mots profonds, simples et essentiels. Il nous a regardés dans les yeux, il nous a oints du Saint Chrême tout en prononçant les paroles sacramentelles. On se sentait regardés, compris, accueillis en vérité pour aboutir à ce moment d’intimité absolue. A ce moment-là, on a senti que l’Esprit Saint était présent ; on baignait dans quelque chose de surhumain et c’était palpable ; ce n’était pas des mots, c’était une réalité et on baignait dans cette réalité.

Est-ce que cela a changé votre vie ?

Oui. Je ne dirais pas que j’ai été foudroyé, je ne l’ai pas été. Mais en réalité, recevoir le sacrement de Confirmation engage, ce n’est pas une démarche neutre. On attend les dons de l’Esprit ainsi que ses fruits. On est engagé personnellement, communautairement, envers les autres ; le rapport et le regard sur les autres n’est plus le même ; l’importance du regard ses autres sur soi s’atténue et on est beaucoup plus mesuré, serein, en paix et rempli d’espérance. J’ai toujours une boulimie de spiritualité, mais surtout une envie d’évangéliser, de parler de la Parole de Dieu, de témoigner des merveilles que Dieu fait pour nous tous !