Portrait : Pasteur Michel Léonowicz

12 mars 2018

Rencontre avec Jésus : Comment un pasteur évangélique a-t-il pu être si opposé à la foi dans sa jeunesse ?
Entretien réalisé par Martine Racine pour l’émission « Pourquoi le taire ? » du 13 février 2018 sur RCF.


Michel Léonowicz,vous êtes pasteur aux Valayans dans le Vaucluse. Vous êtes aussi bien connu à RCF car vous venez régulièrement nous faire découvrir les richesses du Texte biblique du Dimanche. Aujourd’hui vous venez nous faire découvrir votre jeunesse.
Vos parents vous ont-ils élevé dans la foi ?

Je dois dire une chose importante qui a marqué ma jeunesse : mon père était d’une religion très sectaire et ma mère était chrétienne évangélique. Mon père, qui nous interdisait d’aller avec ma mère, était très opposé à la foi évangélique. De ce fait, à la maison, en famille, j’ai connu, en quelque sorte, une guerre de religion.
Mon père était affilié aux témoins de Jéhovah, plus initialement aux étudiants de la Bible : on ne croyait pas à a la divinité de Jésus, on ne croyait pas que l’homme ait une âme… et de ce fait, mon père nous interdisait d’aller avec ma mère.

Donc la vie était difficile ?

Très dure, et si la religion était faite pour se disputer ainsi, la religion ne m’intéressait pas.

Etait-ce votre père qui faisait votre éducation religieuse ?

Exactement ! Mon père, d’origine russe est très sévère, mais aussi très juste. Dans sa rigueur, il nous a bien enseignés, mais il fait une erreur à mon égard, ce qui m’a fait basculer dans la violence ; et cette violence m’a amené à rejeter tout le monde. Cependant, ma mère était encore la seule personne qui pouvait encore toucher mon cœur.

Mais quelle sorte de violence ?

J’étais devenu chef de bande ; c’était la virilité de se battre.

Vous aviez besoin de sortir de l’ambiance familiale ?

C’était effectivement une échappatoire ; et étant donné que j’avais un père très sévère, c’était pour moi une forme de reconnaissance de ma personnalité.

Vous existiez face à lui ?

Absolument. De plus, depuis ma prime jeunesse j’entendais : « un homme, ça ne pleure pas ! ». Ainsi je n’avais aucun sentiment envers personne, si ce n’est envers ma maman.

Et c’est ce qui vous a sauvé ?

Un jour, ma mère m’a invité ainsi que mes deux frères à une réunion dans son milieu chrétien évangélique. Ce jour-là, ce fut une rencontre avec Jésus le Ressuscité, et cette rencontre a changé totalement ma vie. Ne me demandez pas sur quoi le prêtre a fait son sermon : je n’en sais rien ; cela ne m’intéressait pas. J’étais là simplement pour faire plaisir à ma maman, mais ce jour-là le Ressuscité avait rendez-vous avec moi.

Qu’est ce qui s’est passé ?

Pendant que les uns et les autres priaient, moi, honnêtement, je me sentais ridicule devant toute cette assistance qui priait ; que faisais-je au milieu d’eux, moi qui n’étais pas des leurs ? Et pendant que je pensais cela, il y a eu une intervention dans mon cœur ; c’est difficile à exprimer, mais j’étais seul avec quelqu’un que j’ignorais ; et ce quelqu’un me disait : « Je suis mort pour tes péchés : reconnais que tu es un pécheur » Et alors là, j’ai répondu Non, avec une grande dureté et véhémence. Je ne voulais pas car, être violent était quelque chose qui m’honorait, quelque chose qui me redonnait ma dignité d’homme.
Une seconde fois, les mêmes paroles : « Reconnais que tu es un pécheur ; sur la Croix, Je suis mort pour tes péchés »
J’ai essayé de comprendre : il n’y avait plus cette opposition immédiate, mais une réflexion : je ne suis pas pire qu’un autre !

Et puis une troisième fois, avec les même mots : « Reconnais que tu es un pécheur ; sur la Croix je suis mort pour tes péchés ». J’entendais ces paroles dans mon cœur et je me voyais comme si j’étais quelqu’un d’autre... et je voyais ma vie. Et alors qu’un homme ne pleure pas, j’ai pleuré pendant quatre heures, comme si dans mes larmes, toute la violence, toute la dureté, tous les non-sentiments partaient !
J’ai été changé radicalement et le lendemain , il n’y avait plus de chef de bande !

Cela a été une révélation ?

Une grâce et une révélation, non pas un savoir, mais une transformation !
Job dit, dans la Bible : « Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu ». Et la révélation, c’est exactement la réception d’une vérité dont on a pu entendre parler ; le savoir est une chose mais la révélation est quelque chose qui est communiqué et qui transforme la vie. De ce fait, la révélation que j’ai eue tout d’abord de mon état pécheur, fait, qu’après, j’ai refusé tout péché.
Ma vie a changé radicalement : je n’étais plus le même homme. D’ailleurs tous mes amis dans la méchanceté me disaient : « Léo, tu es devenu fou ou quoi ? »
Ce n’est pas un savoir qui m’a transformé mais cette révélation de Jésus qui est la Vie et qui m’a donné la véritable vie.
Comme pour Job, j’avais entendu parler de Dieu, par mon père, mais Le connaître c’est autre chose.
Permettez-moi de faire ce parallèle : Il est écrit dans le Livre de la Genèse : « Adam connut Eve et Eve enfanta ». La Révélation est une vie communiquée qui nous donne quelque chose de nouveau : une nouvelle naissance comme Saint Jean va dire.

Comment a été votre vie ensuite ?

Ma vie a été totalement transformée, mais attention : une vie transformée ne veut pas dire un tapis rouge déroulé devant nos pas. Cela fut très dur ; mon père accusait ma mère d’avoir volé ses fils, parce que les trois fils que nous étions, nous nous sommes convertis à la foi en Jésus. Je ne dis pas que nous nous sommes convertis à une religion ; je ne savais pas dans quelle religion je mettais les pieds, mais je savais que j’avais rencontré Jésus. Dans la foi chrétienne nous avons tous une manière d’exprimer notre foi, mais l’essentiel c’est cette foi dans le Ressuscité. Un jour Il viendra nous chercher et nous serons avec Lui pour l’éternité : c’est ça notre espérance !

Mais là, vous L’avez déjà rencontré ?

Je L’ai rencontré comme vous L’avez rencontré, comme beaucoup L’ont rencontré, mais nous aimerions tant que les hommes et les femmes qui ne connaissent pas Jésus, connaissent cette grâce, cette paix, cette espérance de la vie éternelle. L’Ecriture nous dit de cette vie dans le Royaume de Dieu, qu’il n’y a ni cri, ni deuil ni souffrance.

Là vous parlez de la foi que vous avez découverte ?

Je dirais plutôt la foi qui m’a été donnée : c’est un don de Dieu. Jésus dit Lui-même : « Cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira ; demandez et on vous donnera » Cherchez de tout votre cœur le Vivant et Il se révélera car Jésus est le Ressuscité, le Vivant.

Et Il frappe à notre porte !

Oui ne serait-ce que par les émissions de RCF, par le témoignage des uns et des autres ; c’est toujours une invitation à la vie et à cette espérance de l’éternité.

Beaucoup de choses encore à nous dire sur ce qui s’est passé ensuite pour vous !

Je me suis limité à la conversion, à la révélation de Jésus dans ma vie, à la présence de Jésus dans ma vie qui donne un sens nouveau, qui me donne une connaissance nouvelle que j’aimerais que tant d’hommes et de femmes connaissent. La vie nouvelle en Jésus est une vie merveilleuse, qui nous assure la paix mais aussi la joie. Ce ne sont pas les circonstances qui donnent la paix ou la joie ; elles peuvent y contribuer mais quand on reçoit Jésus le Prince de Paix, dans n’importe quelle circonstance, on reçoit la joie et la paix. Et j’aimerais que chacun de vous reçoive cette grâce ineffable de Dieu, de son amour et de sa joie !