Portrait : Alexandre, séminariste

28 janvier 2018

Alexandre Descamps est séminariste à Notre Dame de Vie depuis la 3ème année de son cursus.
Entretien tiré de l’émission Pourquoi le taire ?, par Martine Racine

D’où êtes vous ?

Avec ma famille, j’ habite les Yvelines, près de Versailles où j’ai passé toute mon enfance. Je suis l’aîné de cinq frères.

Avez-vous découvert la foi au berceau ?

Non, pas vraiment, car mes parents ont fait le choix de ne pas baptiser leurs enfants petits ; et j’ai donc découvert la foi en découvrant le caté à 8 ans, ce fut ma première expérience.

Vous être donc allé au catéchisme ?

Oui c’était une règle que mes parents s’étaient fixés ensemble pour l’éducation de leurs enfants. J’ai donc reçu les sacrements dans l’ordre, mis à part le fait que j’ai été baptisé en 6ème.

C’est vous qui l’avez demandé ?

Oui, les autres enfants étaient baptisés et moi pas. Et j’ai toujours aimé aller au caté. Même si je ne me rappelle pas beaucoup, je me souviens que j’étais heureux là-bas.
Je me souviens aussi que, depuis le CE2, nous allions à la messe le dimanche. Et l’année de mon baptême, je suis devenu servant d’autel ; c’était une grande joie d’aller à la messe, à la rencontre du Christ avec d’autres jeunes. Je pense que le service de la messe a été quelque chose de fort dans mon enfance, peut-être le lieu où le Seigneur a préparé le terrain pour un futur appel.

Vous aimiez aider le Père ?

Oui, j’aimais être près du prêtre, comme si j’étais près de Jésus vraiment. Aller à la messe le dimanche n’a jamais été un problème mais plutôt une joie, un désir, peut-être quelque chose que j’attendais avec impatience.

Collège, lycée et après ?

Après le baccalauréat, j’ai fait un DUT en informatique, et après l’obtention du diplôme, je suis entré en école d’ingénieur.

Une carrière toute tracée ?

Oui, j’avais programmé ma vie : je m’étais dit qu’après mes études, j’allais rencontrer une femme, me marier et avoir des enfants, et c’était parfait.

Qu’est- ce qui s’est passé ?

Déjà quand j’étais en 3ème, j’ai participé à un séjour au ski organisé par ma paroisse et j’ai rencontré là-bas un séminariste. Ce qu’il disait était intéressant mais c’est surtout sa vie qui m’a intéressé, et je me suis dit : pourquoi pas, moi aussi, devenir prêtre ? C’était un peu le grain de folie de la jeunesse et c’est vite parti de ma tête.
Quand j’étais en école d’ingénieur, c’est revenu. Il faut dire que j’avais une heure de train à l’aller, autant au retour, et cela laisse le temps de réfléchir ! Et le Seigneur est venu me rappeler ce que je m’étais dit durant mon séjour au ski. Cela n’entrait pas trop dans les plans que je prévoyais et j’ai répondu au Seigneur que ce n’était pas trop possible d’autant que les études j’en avais ma claque !
Pourtant je sentais bien qu’il y avait autre chose, et même si je n’avais pas envie, les armes du Seigneur étaient fortes.
Pendant plus d’un an, cela a été comme l’affrontement de deux libertés : la mienne et celle du Seigneur ; c’est moi qui devais choisir et j’ai pris conscience que le Seigneur m’appelait à quelque chose de plus grand que ce que j’avais prévu. Me marier, avoir des enfants, avoir un travail comme tout le monde, c’était très bien, mais le Seigneur voulait autre chose pour moi qui me rendrait plus heureux. Il a fallu du temps pour que je le comprenne, mais quand je l’ai compris, je lui ai dit OUI. Et là, j’ai vraiment compris la joie d’avoir dit OUI.

Un grand bonheur ?

Oui, le début d’un grand bonheur de cette histoire avec le Seigneur !

Mais comment Dieu vous a-t-Il parlé ?

C’est étrange, car c’est dans le silence. Mes trajets étaient bruyants, pourtant dans le silence Lui était présent et Il me parlait sans que je sois vraiment préparé. Mais Il était là, c’était une certitude.

Ce n’était pas en lisant la Bible ?

Non, à cet âge-là, je ne lisais pas beaucoup la Bible, seulement les Textes de la Messe du jour dans le train.
En fait, le Seigneur avait déjà préparé le terrain sans que je m’en rende compte.

Donc vous avez dit OUI.

Oui, j’ai fait cette folie de dire OUI, mais je ne regrette pas du tout, car après 5 années je suis toujours dans la joie.

Comment a réagi votre famille ?

Pour ma maman, cela a été une grande joie. Pour mon père, cela a été plus difficile. Il ne voyait pas son fils ayant fait une grande école d’ingénieur, tout arrêter et vivre sans une femme. C’était inconcevable. Il a essayé de comprendre la vie que j’avais, et a compris que c’était sérieux ; cela l’a rassuré, et aujourd’hui il est heureux du choix que j’ai fait.

Vous voulez être prêtre en France. Qu’est-ce qui vous attire le plus ?

C’est le sacrement de la Réconciliation, donner la miséricorde de Dieu, l’amour de Dieu aux personnes de notre monde, leur faire découvrir à quel point Dieu les aime ; et je pense que ce sacrement est idéal pour que tous puissent découvrir à quel point Dieu est Amour.
Il y a aussi la rencontre avec les personnes ; chacun a une histoire différente et il y a tellement à découvrir de chacun ! Je crois que le prêtre a la grâce de découvrir ces histoires que le Seigneur a mises en chacun.

Comment commencez-vous la journée ?

Je commence la journée à 7h par la prière des laudes, qui est une louange au Seigneur par le chant des psaumes ; cela est suivi par une heure d’oraison- de prière silencieuse- pour placer ma journée devant le Seigneur, Lui confier tout ce que je vais vivre.
Ainsi la journée sera bonne - pas forcément facile, mais avec le Seigneur !