Décès du Père Robert Chave
(1924-2018)

29 août 2018

Le père Robert Chave est décédé mercredi 29 août 2018, à l’âge de 94 ans. Ses obsèques ont été célébrées samedi 1er septembre dans la Cathédrale Notre-Dame des Doms, dont il était chanoine titulaire. Rendons grâce pour sa vie de pasteur et l’empreinte qu’il laisse dans notre diocèse.

Ordonné par Mgr Gabriel de Llobet le samedi 31 mai 1947, veille de la Trinité, il y commença son ministère, jeune vicaire, auprès du père Marius Firmin, curé, et y est revenu il y a quelques années comme prêtre auxiliaire. Tel un saint-Bernard, c’est ici et dans la paroisse voisine du Sacré-Coeur où il vit le jour, qu’il participa aux secours aux victimes des bombardements de mai-juin 1944 puis, quelques années plus tard, au ravitaillement et au transport des sinistrés isolés lors des inondations.

Mais nous savons tous que son aura dépasse largement le cadre de cette paroisse. Ces jeunes qu’il avait pu côtoyer dans l’encadrement de camps de vacances (« jeannettes »), il les retouvait comme aumônier de la J.O.C. et aussi comme soutien moral des jeunes appelés dans la guerre d’Algérie.

Directeur en équipe de la Maison des oeuvres catholiques (appelée aujourd’hui « Centre Magnanen »), là où était mort le peintre Claude Firmin cher à sa mémoire, il y trouve un point d’ancrage fort qui perdure d’ailleurs aujourd’hui avec son bureau de responsable de la Pastorale des réalités du tourisme et des loisirs (P.R.T.L.). Guidé par le Père Marcel Roy qui décorait les verrières de la chapelle de la Maison des oeuvres, le Père Chave s’intéressa à l’art sacré et il est toujours membre de la commission diocésaine qui porte ce nom.
Ses responsabilités dans l’« action catholique spécialisée » allèrent croissant : il fut aumônier diocésain puis régional de l’A.C.O., s’ouvrant à la Mission ouvrière, et aumônier du CCFD. A plusieurs reprises, il dirige des pèlerinages en Terre Sainte. Son action de pasteur, il l’exerce au centre ville d’Avignon comme curé de St-Didier en 1974 ; il est alors nommé vicaire épiscopal et organise l’Institut diocésain de formation (I.D.F.).


Mais depuis longtemps déjà, le Festival, qui drainait tant de personnes vers notre ville, tenait dans sa vie une place non négligeable. Proche du grand musicien que fut le Père Georges Durand, il établit des contacts avec Jean Vilar par l’intermédiaire de Paul Puaux, ce qui lui permit d’instaurer les Dimanches de Festival à Notre-Dame des Doms ; et bientôt suivirent les rencontres des mardis entre artistes et public ainsi que les colloques de « Foi et culture ». L’expression du sacré dans la danse suscitait son intérêt non seulement pendant le Festival, mais aussi, fidèlement, lors du chemin de croix du Vendredi Saint, qui montait de la place du Palais à la métropole en une gestuelle inspirée et scandée…

Sa capacité de contact et ses innombrables relations l’amenèrent à créer le Centre diocésain d’information (C.D.I.), devenu plus tard Chrétiens médias (de là les Journées chrétiennes de la communication, J.C.C., champ fertile parmi d’autres de l’oecuménisme), et aujourd’hui le « Service diocésain de la communication ». Ah ! ces médias, pour le Père Chave si ouvert à l’évolution des techniques ! Ce sont, bien sûr, relayant le Père Paul Déjardin, la feuille hebdomadaire « Alleluia », mais aussi la fondation de la radio chrétienne, R.C.F. Lumières, l’introduction du minitel, un essai de télévision locale… Tout cela, avec l’aide entière et dévouée de la regrettée Hélène Thomas.

Sa modestie dût-elle en souffrir à la lecture de ce palmarès, disons que ses rencontres avec Mgr Montini (futur pape Paul VI), avec le cardinal Paul Poupard , avec Mgr Jean Rodhain, et tant d’autres personnalités de la société religieuse et laïque, non plus que sa nomination de prélat de Sa Sainteté ou celle de chanoine de Notre-Dame des Doms, n’ont jamais altéré sa convivialité ni la simplicité réconfortante de son accueil.

Extrait des Archives d’Alleluia Service