Béatification des 19 martyrs d’Algérie

7 décembre 2018

Samedi 8 décembre 2018 à Oran, sera célébrée la béatification des 19 martyrs tués en Algérie entre 1993 et 1996, parmi lesquels figurent les sept moines de Tibhirine -originaires de l’abbaye d’Aiguebelle dans la Drôme-, ainsi que Mgr Pierre Claverie, ancien évêque d’Oran.

Pour notre diocèse, Marie Voyant, avignonnaise, se rend à Oran et nous partage son ressenti sur la page Facebook du diocèse d’Avignon.

Qui sont les 19 martyrs ?

De 1994 à août 1996 , comme les 7 frères de Tibhirine, 12 autres religieuses et religieux ont donné leurs vies. Toutes et tous, ainsi que beaucoup d’autres heureusement toujours en vie, avaient fait le libre choix en ces années noires de rester fidèles à l’Eglise d’Algérie et à leurs amis et voisins algériens.

Le diocèse d’Alger a engagé un processus de béatification englobant ces 19 martyrs de la même cause. Ils sont indissociables et cette page a pour objet de les présenter en s’appuyant sur les textes et photos d’une plaquette réalisée par le diocèse d’Alger et le Frère Giovanni Bigotto.

Ces 19 martyrs de l’Eglise d’Algérie étaient tous passionnés de leur Eglise, dont ils étaient des serviteurs zélés et effacés, passionnés aussi de l’Algérie et de son peuple où ils avaient tissé leurs amitiés. Humbles et doux, le Seigneur rayonnait dans leur coeur, dans leur vie, dans leur silence. Ils témoignent d’une foi décantée, limpide, la foi de ceux qui préparent dans la prière et la présence l’espace du dialogue.

Ils sont une très belle image de l’Eglise d’Algérie : petite, quelques milliers de fidèles, dispersés dans quatre diocèses : Alger, Oran, Constantine-Hippone et Laghouat. Eglise vivante par sa pauvreté, car ayant perdu sa puissance sociale et son faste. Elle vit l’amour et le service au quotidien.

Ainsi purifiée, et sans ambitions, elle peut être une tête de pont pour le dialogue avec l’Islam. La petite Eglise d’Algérie est consciente qu’elle vit une mission prophétique, celle de créer pour demain le climat d’un dialogue plus paisible entre la foi chrétienne et la foi musulmane, dans la certitude que nous sommes tous fils de Dieu, ouvrage de ses mains, et que les fils de Dieu finiront par se reconnaître.

Pour la majorité musulmane des Algériens, l’Eglise d’Algérie signifie l’autre, celui qui est différent, celui qui permet de prendre conscience de son identité et de sa propre foi ; celui qui, par sa différence et sa présence, suscite le respect de l’homme.

L’Eglise d’Algérie n’oublie pas qu’elle est l’héritière de saint Augustin, de saint Cyprien, de Tertullien, tous hommes de lumière qui ont préparé des temps de changement.

Le prophétisme de la petite Eglise d’Algérie éclairera l’horizon de demain, Ce n’est pas pour rien que ses martyrs sont morts avec un très grand nombre de frères musulmans. Ensemble ils intercèdent pour que notre humanité devienne plus accueillante, plus tolérante, plus humaine et capable de rendre gloire à Dieu dans sa diversité.

Source : Site des moines de Tibhirine

Retrouvez sur cette même page, les portraits des 19 martyrs.

Pour mieux comprendre l’évènement

  • Une explication en mot et en vidéos : Qu’est-ce qu’un martyr ? Cette béatification est l’occasion de revenir sur ce qu’est un martyr et de rappeler comment l’Eglise reconnait un martyre. Donner sa vie pour sa foi a de tout temps été considéré dans l’Église comme la voie par excellence vers la sainteté.
  • Un diaporama chronologique : Un retour en 14 dates sur les assassinats de ces 19 religieux et sur la procédure de béatification afin de remettre les événements dans leur contexte.
  • Une interview de Monseigneur Henri Teissier :
    Archevêque émérite d’Alger, Mgr Henri Teissier est à l’origine de la béatification. Il est aussi celui qui a tenu la fragile barque de l’Église d’Algérie pendant cette décennie noire.
  • Et dans le dossier spécial de La Croix :
    . Une vidéo hommage, retraçant les noms et les portraits des 19 martyrs, comme une invitation au recueillement et à la prière.
    . Une interview vidéo de Sœur Chantal  : Comme Odette, tuée lors de l’attentat à Alger du 10 novembre 1995, durant la décennie noire, Chantal est membre de la fraternité des petites sœurs du Sacré-Cœur de Charles de Foucauld. Mais ce matin-là, grièvement blessée, Chantal a survécu et témoigne aujourd’hui des événements.
    . Un grand reportage auprès de la famille d’un des martyrs, le père Jean Chevillard. Petits et grands témoignent de ce que représentait le père Chevillard, pour eux, et l’importance de cette béatification.
    . Où en est-on dans l’enquête de Tibhirine  ?