Abus sexuels : L’évêque garde son cap

19 juillet 2017

Monseigneur Cattenoz prend fermement position à l’annonce de la mise en examen d’un prêtre qui a vécu dans le diocèse.

Baudouin Ardillier : Il y a quelques jours, l’institut des prêtres de NDV a fait part de la mise en examen d’un de ses membres, prêtre de l’institut, pour une possible agression sexuelle sur une mineure il y a maintenant près de 11 ans. La presse a largement relayé l’information en France ; finalement une information assez peu complète pour d’évidentes raisons de respect de l’instruction, de la victime potentielle et de la présomption d’innocence. Mais cela ne nous empêche de vous poser cette question et à vous de réagir, vous qui êtes l’évêque du diocèse d’Avignon, quelle est aujourd’hui votre réaction ?

Monseigneur Cattenoz : Je suis d’abord profondément touché. On ne s’imagine pas comment on peut briser une vie en l’atteignant dans sa chair, c’est quelque chose que personne ne peut percevoir. Nous avons eu plusieurs affaires dans le diocèse, et nous avons fait la lumière sur toutes, je crois. Ce sont vraiment des vies brisées dans leur chair la plus intime, et souvent à vie. Ce sont des personnes qui ne se remettront pas des actes qui ont été commis sur elles.

Baudouin Ardillier : Les journaux ont passé des informations. Il y a une grande discrétion autour des choses, des lieux.

Monseigneur Cattenoz : C’est très bien ! D’autant plus qu’au stade où en est l’enquête, on ne sait absolument rien, mais je pense que, quoi qu’il en soit, ce genre d’affaires met au moins quatre ou cinq ans avant d’arriver au procès, s’il y a procès.

Baudouin Ardillier : Vous, comme évêque, vous avez vécu dans le diocèse le fait d’apprendre qu’un des membres de votre diocèse avait mal agi aussi gravement, aujourd’hui c’est cette communauté de prêtres, qu’est ce que vous pouvez leur dire, comme évêque ?

Monseigneur Cattenoz : Ce qu’il faut vraiment souhaiter, c’est qu’ils portent la souffrance de la femme qui a été abusée par ce prêtre, si les faits s’avèrent exacts. En même temps, il reste leur frère et ils doivent avoir une compassion aussi pour lui. Mais la compassion doit d’abord aller aux victimes ; c’est fondamental et malheureusement l’Eglise a souvent occulté cette compassion envers les victimes.

Baudouin Ardillier : Qu’en est-il de la cellule d’écoute que vous avez lancée dans le diocèse du Vaucluse ?

Monseigneur Cattenoz : Elle reste en place. Nous avons eu un appel, mais je pense qu’il s’agissait d’un journaliste qui voulait voir si elle fonctionnait parce que personne n’est venu au rendez-vous qui avait été fixé. La cellule reste en place et si des personnes veulent être entendues, elles peuvent la contacter sans aucun problème. Elles seront accueillies par des médecins et des gens compétents dans cette écoute.

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