Portrait - Père Merlin Olivier Yacmi Chiadjeu

17 juin 2017

Le Père Merlin Olivier Yacmi Chiadjeu a reçu sa première affectation en tant que curé, le 1er septembre 2016, dans le secteur de Fontaine de Vaucluse-Saumane-Lagnes-Velleron.

Quand on lui demande ce que ça change d’être curé, il répond spontanément que c’est beau, très beau, dans la conscience vertigineuse et émerveillée que cela est grâce, grâce d’un appel qui ne relève pas de lui, grâce versée dans cette nouvelle mission par laquelle il fait réellement l’expérience de la présence de Dieu.

Pour lui, la responsabilité première du curé est d’être là, à l’image du Christ, le Bon Pasteur. Avant tout, être curé c’est donc être présence paternelle de Dieu au milieu de personnes si différentes et variées ; c’est être présence aimante et compatissante auprès des plus souffrants et des plus pauvres. Le Père Merlin reconnaît qu’il fait alors l’expérience de ses propres fragilités et limites humaines...belle exhortation à grandir en humilité et à vivre le plus possible de la miséricorde divine !

De fait, « devenir curé c’est prendre de plus en plus conscience de la responsabilité et de la charge de pasteur ! »
Nous voilà parlant de grâce...et de charge : quand la charge du ministère devient lourde ou compliquée, le Père Merlin reconnaît non seulement la nécessité de rester enraciné dans la prière, mais aussi la nécessité du soutien humain, d’une présence humaine qui s’engage, accompagne. Il remercie et rend grâce à Dieu pour ce soutien humain et pastoral qu’il a trouvé dès septembre dernier, pour toutes ces personnes qui l’aident, ne serait-ce que par le don de quelques légumes ou autres ! Tout cela lui permet d’avancer, de rester fidèle à sa vocation tout en restant sincère avec lui-même, afin d’accueillir dans la neutralité bienveillante les prochains différents ou même en opposition avec lui !

Mieux encore : des résistances qu’il rencontre, il en tire des leçons et grandit dans la construction d’une communauté dans laquelle il n’y a pas d’obligation d’être d’accord sur tout, mais dans laquelle le commandement de l’amour doit être premier. 

D’autre part, le Père Merlin aime à rappeler qu’il fait partie d’un corps presbytéral diocésain et que tout prêtre a pour devoir de participer aux rencontres diocésaines qui lui sont proposées, que tout prêtre, pour ne pas se dessécher, a besoin d’être uni à son évêque, sinon il lui faut réfléchir à sa vocation ; car la mission du Père Merlin, comme celle de ses frères prêtres, est un don, il la reçoit par médiation de l’évêque qui est pour lui un père.
Ainsi toutes les occasions de rencontres du presbytérium sont pour lui des moments précieux de fraternité sacerdotale qui rejaillissent sur son ministère au quotidien.

Autre soutien, sans doute moins attendu dans sa mission, c’est la philosophie ; il y a pris goût durant ses années de séminaire. Et aujourd’hui, le voilà qui prépare une thèse de philosophie politique sur des questions de justice sociale et de droit et plus précisément sur Emmanuel Kant et son projet de paix perpétuelle.
En quoi ce domaine peut-il aider ce nouveau curé ?

« C’est avec des hommes que je vis, et la philosophie me fait connaître l’homme. Le bonheur est un bien communautaire et non seulement la philosophie m’aide à une plus grande connaissance de l’homme mais elle m’aide aussi à participer à l’éradication des inégalités dans le monde...tout cela, dans le désir seul, d’être un pauvre instrument de la Grâce divine ! »


Sylvie Testud
Extrait
du Bloc-Notes, juin 2017